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LA RELIGION DE LA FEMME

Comte a prescrit que l’Humanité, qui est le Dieu de sa doctrine finale, fût représentée, dans les temples positivistes de l’avenir, par une femme, par une jeune mère qui tient son fils entre ses bras. Evident souvenir romanesque du culte courtois de la Madone ! Aussi bien, sa construction spécifiquement religieuse, qui a des traits rationnels intéressants, se résume-t-elle cependant par le culte de la femme au moins autant que par celui du Progrès humain. « Le genou de « l’homme, écrit l’auteur du Système de Politique « positive (1), ne fléchira plus que devant la femme ! » Avant sa rencontre avec Mm* de Vaux, il pensait pourtant des femmes de façon beaucoup moins favorable qu’après cet événement, si décisif pour son anormale émotivité. Il ne leur reconnaissait que des qualités domestiques. Lors de ses discussions avec Mill sur ce point, c’est l’Anglais qui se fait le chevalier du sexe faible et soutient contre le Français que ce sexe est très capable de résister aux passions. Mais le jugement de Comte change soudain de caractère après sa crise nerveuse de l’été 1845; ses lettres des mois suivants sont, je l’ai dit, d’un véritable troubadour; et il écrira à Clotilde peu avant la fin de celle-ci : « Je « vous ai promis à' organiser le culte de la femme l » La promesse sera réalisée par lui sans mesure aussi bien que sans délai : « Chacun sent en soi, affirmera la

« cinquième Sainte-Clotilde, que ma théorie féminine « constitue l’élément le plus décisif de l’œuvre caracté- « ristique dont la terminaison retarda notre dernière « fête. » Il s’agit du Discours préliminaire au Système de Politique positive. « Ta consécration personnelle se « trouve plus directement garantie dans la solennelle « adoration de la femme que la religion finale érige « en prélude nécessaire et en stimulant continu du « culte systématique de l’Humanité. » Ainsi l’aspect rationnel encore de sa doctrine finale, le culte de l’Humanité, se trouve étroitement associé à une conception issue de la mystique platonicienne et romanesque, le culte de la femme considérée comme moralisatrice de l’homme.

Le deuxième volume du Système proclame, et l’Appel aux Conservateurs répétera que les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l’Humanité (divinisée) et les hommes, qu’elles sont les anges du dieu nouveau et que la femme qui présente à tous égards le vrai type de notre espèce, reste un médiateur nécessaire entre l’homme et l’Humanité, — de même qu’au-dessous d’elle, le sacerdoce positiviste s’interpose encore entre les deux sexes. — Ce qui esquisse donc cette échelle de dignité mystique décroissante : le Dieu- Humanité, allié suprême, la femme, quasi-déifiée, le pontife et le prêtre, (ce qui laissera Comte en tête du sexe masculin), enfin le sexe masculin au dernier rang. — Et le Catéchisme positiviste ajoutera qu’après les révolutions de caractère intellectuel, soit bourgeoises, soit prolétariennes, le genre humain doit faire, encore et surtout, la révolution féminine, celle dont la tendance sera de faire prévaloir partout l’influence morale, considérée comme la vocation propre de la femme !

I. — L’aspect rationnel de la morale comtienne La religion de l’Humanité

Nous venons de voir que la morale est devenue pour Auguste Comte la science suprême, placée par lui audessus des six autres dont se composait sa première encyclopédie méthodique. Le promoteur de la philosophie positiviste voua les dernières années de sa vie à construire cette nouvelle science à sa façon et il lui donna pour support une religion de l’Humanité à la rationnalité de laquelle il convient de rendre tout d’abord hommage. La constitution, incessamment continuée, du Dieu-Humanité, par le moyen d’une sorte de synthèse entre les âmes individuelles, ou plutôt entre les souvenirs laissés chez les vivants par tous les êtres qui servirent l’évolution progressive, est une allégorie incontestablement noble, quoique son efficacité morale doive demeurer vraisemblablement beaucoup moindre que ne l’escompta son inventeur. — Puis encore l’ensemble des institutions rituelles, ou même des « sacrements » proprement dits qu’il imagina pour maintenir présente à l’esprit des positivistes futurs la nécessité de servir le progrès humain comporte des puérilités, sans nul doute, mais n’en est pas moins soutenue, elle aussi, par une saine inspiration de morale rationnelle.

Comte s’est surtout préoccupé de faciliter l’essor, — et l’essor presque sans limites, à la Fourier, — des affections sympathiques dont il attend le bonheur de l’humanité future et qui, certes, faciliterait grandement ce bonheur en effet. Nous savons qu’il les considérait naguère comme présentes dans le cœur humain, mais, par malheur, comme infiniment plus faibles que

les inclinations égoïstes (ou même « impérialistes ») de l’être. Il recourt, pour les fortifier, à un procédé très rationnel encore qui est l’entraînement méthodique, source de l’habitude, et, à la longue, de l’automatisme, qui économise l’effort. Procédé efficace, à n’en point douter, mais, dans ce domaine moins que dans beaucoup d’autres, semble-t-il, puisque l’habitude nouvelle y doit combattre d’autres habitudes défensives ou même offensives bien plus antiques et invétérées, celles qui ont présidé à la conservation de l’être, puis au méthodique agrandissement de sa puissance. Il faut, dit la quatrième « Sainte-Clotilde », dans un langage tout chrétien d’ailleurs, il faut traiter la personnalité comme notre principale infirmité, qu’une heureuse discipline peut atténuer grandement ! Et pourtant, quelques lignes plus loin, l’auteur de cette prescription excellente est contraint de signaler un échec de l’entraînement méthodique, s’exerçant empiriquement sur certains ressorts, jusqu’ici mal connus, de notre activité psychique : « Ce culte chéri, écrit-il « en parlant du culte qu’il rend quotidiennement à « Clotilde, nous a déjà identifiés assez (l’un à l’autre) « pour me faire spontanément écarter le vœu, trop « peu digne de nous, que m’inspira la première célé- « bration posthume de notre éternelle union. Je n’ai « plus maintenant besoin de souhaiter des rêves « impurs, et je me félicite de n’avoir pu, malgré ma « vaine attente scientifique, en réaliser ta systéma- « tisation ! »

Il espère réussir davantage en morale. Il assure qu’aussitôt dégagé de la sécheresse et de l’oppression métaphysique (?), notre cœur sent aisément que le bonheur réel, tant privé que public, consiste surtout à développer, autant que possible, la sociabilité dans

notre sein, en n’accordant à la personnalité que les satisfactions indispensables, à titre d’infirmités inévitables. — Ce qui nous ramène à la très féconde ascèse chrétienne qui s’appuye sur de subtiles et prenantes considérations mystiques. — L’art moral, répète-t-il ailleurs (1), doit consister à faire prévaloir autant que possible les instincts sympathiques sur les impulsions égoïstes. La sociologie n’ignore point l’ascendant spontané des sentiments personnels ; mais elle concilie l’aveu de cette inévitable suprématie avec l’affirmation de l’existence continue des affections bienveillantes, que la théologie chrétienne représentait comme étrangères à notre constitution. — Non pas, faut-il protester ici, mais comme paralysées en nous depuis le péché d’origine, ce qui est une excellente condition pour les faire renaître. — La théologie chrétienne, poursuit Comte, montrait ces affections bienveillantes comme inspirées seulement par une Grâce surhumaine qui ne comportait aucune loi. — Et c’est trancher ici trop brusquement le difficile problème de la Grâce, car l’Eglise a toujours cherché à concilier la suprême liberté divine avec l’action efficace des mérites humains, qui introduisent la notion de loi dans ce domaine. — Le grand problème, achève notre philosophe, consiste à investir artificiellement la sociabilité de la prépondérance que possède naturellement la personnalité. Ce qui est parfaitement exact, mais souligne, par les épithètes artificielle et naturelle, l’immense difficulté du problème.

Je l’ai dit, Comte en espère la solution de ce principe biologique qui proclame le développement, expériinen-

(i) Systime. I. 92.

talement constaté, des organes ou des fonctions par l’exercice habituel, ainsi que leur tendance à s’atrophier par l’inaction prolongée. Une sage intervention systématique, répète-t-il, peut améliorer beaucoup le progrès spontané (?) des affections bienveillantes et hâter le recul des ambitions personnelles devant la pression sociale. Tel est précisément le but de l’art moral, qui a, comme tout autre, ses inévitables limites, quoique les siennes doivent être moins étroites qu’ailleurs parce que les phénomènes y sont plus modifiables en vertu de leur complication supérieure. — Une affirmation qui renferme du vrai peut-être, mais dont nous avons déjà constaté quelques abus. — C’est cet ensemble de mesures à prendre que j’ai appelé le dressage à l’amour en choisissant le titre de ce livre troisième.

Dans cette conviction excessive réside malgré tout le trait rationnel principal de la morale comtienne, celui qui la distingue parfois de la morale naturiste ou rousseauiste. Un trait qui n’est point nouveau, certes, car on n’a jamais fait autre chose, en éducation, que de combattre systématiquement par des habitudes sociales les impulsions égoïstes (ou plutôt « impérialistes ») de l’être sans culture, et l’effort d’expansion irrationnelle de sa volonté de puissance. Par malheur, l’expérience a dès longtemps permis de constater que les limites d’un tel « art » demeurent assez étroites, en dépit de la « complication » des phénomènes qu’il vise à modifier logiquement. Aussi Comte s’est-il toujours montré sobre d’indications sur les modalités de l 'éducation positiviste proprement dite, s’attachant surtout à régler l’instruction des jeunes positivistes futurs. Dans son Catéchisme, par exemple, lorsque le moment serait vrenu d’exposer les moyens propres à développer pratiquement les inclinations sympathiques du cœur

humain, il tourne court et passe outre, sous prétexte qu’il est limité par l’espace ou pressé par le temps.

Excellente encore est l’affirmation, si fréquemment renouvelée par lui, de l’importance que présentent les affections de famille , à titre d’intermédiaires nécessaires entre la morale personnelle et la morale sociale, — bien que, là encore, et je le rappellerai plus loin, il n’eut été que sincère en écrivant : Faites comme je dis et non pas comme je fais ! — Toute tentative, affirmet-il, pour diriger l’éducation morale vers l’essor direct de la sociabilité en négligeant ce degré moyen doit être jugée radicalement chimérique et profondément désastreuse. Une telle utopie, bien que trop accréditée aujourd’hui (alors que les codes du naturisme persistent à saper la famille) est fort loin de constituer un véritable progrès social. Elle ne représente, au fond qu’une immense rétrogradation, fondée sur une fausse appréciation de l’antiquité (spartiate ou romaine). — Ou plutôt, rectifierai-je, sur une déformation naturiste ou rousseauiste de cette antiquité, déjà parvenue, en réalité, à un si haut degré de x’ationnalité sociale et où la famille resta si solidement constituée.

Tout à fait rationnel et stoïque en outre, mais, par malheur, de faible portée pratique, est le conseil de résignation sage qu’Auguste Comte prodigue à ses adeptes auxquels il a conseillé souvent de ne pas se faire trop d’illusions sur les possibilités du bonheur humain. Le règne du positivisme, avance-t-il, saura inculquer aux masses cette vertu précieuse de la véritable résignation à l’inévitable; vertu très supérieure à Y hypocrite (?) résignation chrétienne qui se réduit à une simple et prudente temporisation, dans l’espoir de l’éternité bienheureuse. — Supérieure, peut-être, interjetterai-je ici, mais qui ne réussit guère là

où l’autre a si souvent réussi pour avoir mieux connu la nature humaine. — Déjà nos contemporains, insiste Com\e, ont accepté des lois infrangibles dans le domaine de la science; ils les accepteront dans celui de la vie sociale quand enfin ils auront reconnu (par de dures expériences, sans doute) que, là aussi, il est des lois immuables et que la vraie « liberté » ne saurait être autre chose qu’une soumission rationnelle aux normes de la Nature. Les chrétiens se réfugient, par anticipation, dans la vie future. Mais la morale positive, tout en prescrivant la pratique habituelle du bien, avertit avec franchise qu’il n’en peut résulter souvent d’autre récompense certaine qu’une inévitable satisfaction intérieure. Cette conviction devra (oui, mais le pourro-t-elle, car là est la question au point de vue social) devenir finalement beaucoup plus favorable à l’essor actif des affections bienveillantes que des calculs purement personnels en leur fond, fût-ce le calcul du salut éternel; car l’exclusive préoccupation de ce salut comprimait trop aisément l’insuffisante protestation de nos instincts généreux ! — Comte avait mieux vu dans sa jeunesse les services sociaux que rend l’espoir du salut éternel. Désormais., quand il se heurte à l’expérience, il la récuse sous le nom de « routine ».

Il s’est d’ailleurs empressé de se contredire en rétablissant dans sa doctrine le salut éternel sous une autre forme et sous un nom différent. La vertu soi-disant désintéressée du positiviste se verra stimulée en effet par l’espoir de lauriers, d’apologies ou même de canonisations après son décès, — ce qui ne sera guère moins personnel, quoique, sans doute, infiniment moins efficace que la promesse chrétienne — : « Le classement « théorique des humains (selon leur mérite social), « écrira notre philosophe à son disciple de vieillesse et

« à son successeur au pontificat positiviste, Pierre « Laffitte, le classement théorique (par le verdict de « l’opinion publique) doit former, pendant toute la vie, « un utile contraste moral avec le classement pratique « (la situation sociale de chacun), pour prévaloir enfin « librement quand la mort a fait cesser tous les motifs « réels d’une juste condescendance provisoire (aux « nécessités de la hiérarchie régulière) » Comte avance ici, contre toute vérité historique que dans le régime catholique, « on s’interdisait de classer les esprits »; car il oublie les divers degrés qui conduisent vers la canonisation rituelle et les nombreux saints qui vécurent dans les derniers rangs sociaux. Et il poursuit : « Sous le positivisme, ce sont les esprits que l’on « classera. Au lieu de la sentence banale; la mort « égalise tout, nous proclamerons au contraire que la « mort seule caractérise les principales inégalités per- « sonnelles, jusque-là dissimulées sous le poids néces- « saire des éventualités extérieures. Tout cela ne tenl « nullement à l’égalité, mais au meilleur classement, « pour nous séparer ouvertement des niveleurs, même « sincères, encore plus que des rétrogrades ou des « stationnaires ! » Par conséquent, pour qui connaît la nature humaine, bien des considérations personnelles et des ambitions de classement se mêleront aux motifs d’action morale, dans la société positiviste.

En général, ce qu’il y a de sain dans la morale comtienne peut être regardé comme un emprunt fait aux morales expérimentales et rationnelles du passé, la stoïque ou la chrétienne. La devise du Positivisme : vivre pour autrui, ne fait qu’exprimer d’autre manière le précepte essentiel de l’Evangile : aimer son prochain comme soi-même. Précepte difficile à obéir; mais certes, en pareille matière et vu les dispositions de la

nature humaine telles que les a si souvent constatées notre philosophe en personne, il est bon de demander beaucoup pour obtenir un peu. — Ecoutons ce vrai chrétien rationnel, Nicole, dans son traité fameux sur Les moyens de conserver la paix parmi les hommes, au chapitre III. Il nous éclairera sur le prétendu égoïsme du salut personnel : « Les hommes ne sont jamais « sans quelque cupidité (volonté de puissance) qui les « porte à désirer de régner sur les autres en toutes les « manières qui leur sont possibles. Or on y règne en « quelque sorte par la créance (l’opinion) et c’est une « espèce d 'empire (satisfaction de l’impérialisme « originel) que de faire recevoir par la persuasion rai- « sonnée ses sentiments aux autres... Au lieu que la « cupidité (volonté de puissance irrationnelle initiale) « qui est la loi de la chair, désunissant l’homme d’avec « Dieu, elle le désunit d’avec lui-même par le soulève- « ment des passions contre la raison et d’avec tous « les autres hommes en le portant à tâcher de s’en « rendre le tyran; au contraire, le propre de la charité, « qui est cette loi nouvelle que Jésus-Christ est venu « apporter au monde, c’est de l'éparer toutes les désuet nions que le péché a produites, de réconcilier « l’homme avec Dieu en l’assujettissant à ses lois, de « le réconcilier avec lui-même en assujettissant ses « passions à la raison et enfin de le réconcilier avec « tous les hommes en lui ôtant le désir de les domi- « ner ! » Voilà le langage d’un sûr psychologue et aussi l’enseignement vrai du Christianisme rationnel. Car la promesse du salut personnel ne fut jamais qu’une préalable et indispensable concession à la foncière « cupidité » humaine, afin de lui permettre de s’élever ensuite, lentement, péniblement, mais de tout son effort, vers la charité,

qui est la « vénération » comtienne sous sa meilleure forme, et de vivre ainsi pour autrui , au moins dans la mesure compatible avec l’instinct de la conservation qui ne se tait que dans de rares et solennelles circonstances. — Tous ces résultats, le positivisme semble devoir les obtenir d’une façon beaucoup moins ample que le Christianisme au total. A-t-il rien réalisé qui approche des ordres religieux, fidèles à l’esprit de leur institution et non envahis par des abus trop humains ?

Cette tendance, sans cesse grandissante avec les années dans l’esprit de Comte, à copier les institutions rationnellement morales, parce que psychologiquement pessimistes, dont le christianisme a pris l’initiative, fut certainement encouragée et développée en ïui par sa lecture quotidienne de limitation de Jésus-Christ, cette fleur du mysticisme catholique médiéval rationnalisé par la préoccupation de l’orthodoxie et par le constant accompagnement de l’ascèse ; lecture qu’il invita sans cesse ses adeptes à pratiquer de leur côté pour leur bien; de préférence dans la belle traduction de Corneille et en remplaçant mentalement le mot Dieu par celui d’Humanité, le dieu de la religion comtienne. Cette œuvre excellente est selon lui, le seul poème existant sur la constitution psychologique et morale de l’homme, le seul tendant à diriger sur la voie droite la nécessaire culture du cœur (1). A Blignières, il signalera toutefois le défaut de plan qui lui paraît faire quelque tort à l’ouvrage. Les chapitres en sont, dit-il, interchangeables entre eux, même dans la quatrième partie, la mieux ordonnée de toutes, mais il ne manque

(i) Lettre à Profumo du a4 Mars 1 85 1 .

pas de souligner une fois de plus, au profit de son disciple, l’éminent mérite de ce poème incomparable, de cet informe chef-d’œuvre qui conservera toujours un prix infini, non seulement comme haute satisfaction esthétique, mais encore comme source féconde d’amélioration morale.

Ajoutons que les ingénieux « sacrements » du Positivisme participent des clairvoyances psychologiques propres à ceux du Christianisme. Enfin l’incorporation post mortem de tous les méritants au Grand-Etre, c’est-à-dire à l’Humanité progressive divisée, ne fut, je le répète, qu’une transposition, dans une sphère plus abstraite, de ce salut éternel dont la philosophie positiviste a jugé bon de médire. — J’aurai l’occasion de signaler encore au passage d’autres emprunts heureux faits par Comte aux disciplines morales rationnelles du passé.

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