‹ Auguste ComteChapitre 42 sur 57 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

COMTISME ET CATHOLICISME

Très frappé par la lecture du Pape de Joseph de Maistre, Comte s’est dit de fort bonne heure : « Et moi « aussi, je serai pape ! » J’ai rappelé qu’il avait formulé dès le début de sa carrière d’écrivain sa doctrine essentielle de la séparation des pouvoirs dans Ij’espérance de se réserver le plus éminent de ces pouvoirs; ambition latente et contenue tant qu’il fut à peu près maître de lui-même; ambition patente ou même impatiente lorsque la manie lit des progrès dans son cerveau vieillissant. C’est pourquoi il demeura, sa vie durant, un médiocre connaisseur des hommes, en dépit de ses prétentions à cet égard. Aussi bien, une existence tout entière dominée par la plus évidente lubie, ne pouvait-elle guère se développer normale dans ses rapports avec les esprits de sang-froid.

Sur cette doctrine de la séparation des pouvoirs. — doctrine si éminemment contestable dans la forme toute « égoïste » qu’il lui avait imposée, — se marqua, je vais le montrer, sa divergence essentielle avec Mill, dont l’adhésion avait été, après celle de Littré, la plus honorable de toutes celles qu’il recueillit de son vivant.

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