Voy. plus haut, p. 265 et suiv
LETTRES DE M. COfiTfe À M. JOhS STUART MILL. 451
gence. Youâ avez ainsi pleinement réalisé votre but princi^ialy en cotiâtituatit uiié heureuse transition dédsive de l'esprit métaphysit|ue le moins arriéré aii véritable esprit positif, dix Vous amèherez ainsi, à votre suite, beaucoup d'intëlligeiices recommandables ; sur lesquelles mes propres travaux de peuvent exercer presque aucune action directe, et dont la coopération à la grande fbndation pliilosophique de notre siècle doit devenir extrêmement précieuse, par suite des habitudes de généralisation systématique inhé^ rentes à leur éducation métaphysique, qui, malgré tous ses vices hidicaiii , lès rapproche ^etit-élre davantage du vrai point de vue Ûnal que rempirisine grossier et dispersif de nos préteildus savants positifs , sur lesquéU seuls j'iniliiè spécialement. Ce service passager mais capital , rendu à la grande évolution moderne, n'est pas, ce me semble, borné à votre pays ; quoique votre ouvrage soit, sans doute, partibulièrement calbulé pour l'Angleterre, je n'hésite pas à lé regarder comme pouvant être presque aussi utile à la France, s'il était convenablement reproduit dans notre Tangue, c'est-à-dire Sans aiifeune suppression ni inodification ; et votre merveilleuse aptitude à récrire me ferait bien désirer que cette importante traduction fût opérée par vous-même, si je pouvais espérer que vous en eussiez le loisir. Aucun autre interprète ne pourrait peut-être suflisamment maintenir cette énergique sagesse permanente qui vous a fhit si heureusement écarter toutes les contentiotis vraiment métaphysiques, sans éluder cependant aucun des contacts naturels que votre opération devait offrir envers elles. Mais , outre la transition précieuse que vous avez ainsi profondément organisée, cette composition réeltement systématique contient, à beaucoup d'égards , d'importants chapitres dogmatiques, dont l'ittilité impérissable lie sera pas bornée à bet important passage. Telle est sur*tout Votre admirable appréciation § aussi nette que pro*
fonde 9 des quatre modes généraux de l'induction élémentaire; j'ai même encore davantage admiré l'irrésistible exposition par laquelle vous l'avez complétée , en conduisant le lecteur à la démonstration presque spontanée de l'indispensable intervention de la marche déductive. L'esprit de ces deux chapitres décisifs se trouve ensuite trèsheureusement reproduit» de manière à constituer une impression ineffaçable dans l'examen spécial des études sociologiques. Tout cela forme certainement un véritable ensemble , dont toutes les parties essentielles concourent sans effort à l'action principale que vous avez eue en vue. c Quant aux points de dissidence, je suis heureux de vous déclarer que j'y ai vainement cherché les indications nombreuses que vos lettres semblaient m'annoncer. Je dois d'abord écarter totalement, selon l'esprit de ce grand travail, tout ce qui n'y tient essentiellement qu'à une phase transitoire et maintenant accomplie dans l'évolution spon- . tanée de votre propre entendement. Même sans vos explications directes, j'eusse aisément reconnu que toute cette composition avait été, nan-seulement conçue, mais en ma* jeure partie exécutée avant que mes travaux eussent aucunement modifié votre essor : et vous avez toute raison de vous féliciter aujourd'hui d'une telle indépendance, qui, en assurant mieux l'originalité de vos conceptions , vous permet d'ailleurs d'agir de plus près sur les esprits que vous vouliez principalement atteindre. Or, sous tout autre aspect, j'ai trouvé, entre nos deux cerveaux, une précision de synergie au delà même de ce que j'attendais ; car cette lecture lente et approfondie ne m'a signalé qu'un très-petit nombre de divergences philosophiques, la plupart peu importantes, dont nous causerons à loisir dans l'heureuse visite que vous me permettez d'espérer, si le train spontané de nos épanchements intellectuels nous y conduit réellement, sans qu'il faille aucunement s'en préoccuper. La plus grave d'entre
elles, sinon par son efficacité véritable, du moins par son intimité abstraite, se rapporte au prétendu calcul des chances, que je persiste à regarder , dans sa conception fondamentale, comme une aberration radicale de l'esprit mathématique dépourvu de toute discipline philosophique, même quand on y introduirait la modification capitale que vous avez si heureusement fait subir à son idée mère, mais qui détruirait, à mes yeux, toute son économie algébrique. Vous voyez que tout cela n*a pas grande importance et qu'on peut cheminer de concert toute la vie dans la plus grande activité mentale, quand même on ne s'entendrait jamais sur un sujet aussi stérile. Je suis d'ailleurs très convaincu que, si j'avais pu accomplir l'examen critique, direct et spécial que j'ai promis à ce sujet, pour ma seconde édition, nous ne tarderions pas à concorder aussi pleinement sur cet article accessoire, que sur tous les points importants de notre commune philosophie , dont je crois que nous seuls jusqu'ici possédons suffisamment le véritable esprit général....
< Je suis très-satisfait, sans en être aucunement surpris, de l'intérêt spécial que sir W. Molesworth veut bien prendre à cette opération didactique (le Traité de géométrie de M. Comte). Son nom et même son mérite me sont indirectement connus depuis longtemps. L*an dernier, mistress Grote m'a procuré la satisfaction de lire un passage fort intéressant, en partie relatif à moi, dans unelettre également remarquable parla portée intellectuelle et par l'élévation morale. Cette dame avait bien voulu se charger d'en témoigner à sir W. Molesworth mon admiration spéciale, et surtout de lui indiquer combien j'avais été touché de son éminente résolution d'accomplir, dans sa position, une sorte de scrupuleuse rénovation mentale, en s'assujettissant à une lente et hiérarchique révision de toutes les parties fondamentales des saines études philosophiques, en commençant courageusement par leur base
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méthodique. A un âge et en un poste entouré de tant d'énergiqqes ou sédui3antes dive^rsions, un te} empire sur 8oimém^ n'appaiftiçnt çert^inçn^çnt qu'à unp naturç yraimen| supérieuf*e, quand iQéme le projet pe serait paa intégralement exécuté, ce qpi semble, en eflet, fort diiScile. Si cette dame ne s'est pas suflisainmept acquitté^ d'une telle cornmissioii, je vous prie de vouloir bieq y suppléer plus convenablement, en témoignant d'ailleurçàsir W. Moleswortb combien je me sens honoré du choix qu'il ^vait fait de mon ouvrage pour diriger cette grande revue mentale. Je ne peux aussi qu'être très-flàtté de l'accueil spécial que vous m'annoncez qu'il doit faire à mon petit Traité géométrique. Au cas où, selon vos avis, il s'engagerait expressément dans des spéculations démaillées et suivies de philosophie mathématique, la dernière partie de cet ouvrage pourrait lui devenir particulièrement utile, en arrêtant son attention sur ce que j'y nomme la géométrie comparée^ nouvel aspect fondamental de la science géométrique, qui pronpet, suivant moi, une ample moisson de vues neuves importantes à ceux qui s*y livreront avec les dispositions philosophiques les plus convenables, c'est-à-dire en y transportant judicieusement le point de vue logique développé par l'habitude des hautes conceptions de la biologie générale, où Tesprit et les conditions de la méthode comparative e^ de la théorie taxonomique peuvent seuls être dignement appréciés aujourd'hui. Mais, quelque iniportance spéculative que puissent acquérir, en ce genre, les éminents efforts de sir \\, Molesworth, je vous avoue que je verrais en quelque sorte avec peine qu'il s'en laissât trop préoccuper. C'est aux études sociales que doivent maintenant s'appliquer des natures aussi éminentes, soit comme patrons, soit comme actifs promoteurs directs. Aux temps de régénération radicale où nous sommes arrivés, je vois ^oiyours avec regret de hautes intelligences se restreindre aux spéculations ma-
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thimatiques, ^utremeiit qu'à titre d'une indispensable initisitiop pbi|oaqpt^ique....
« Il fau^ ^Ipr ^epr.a^dI^ I4 9\)ite de ff^e^ p^ibles dém^cches pQ^r. copseryei:, c^pr^s l'avoir l^pnpr^blçrqçnt reoiplie pendant six ans|, upf; p|Qce que» spus le poble patronage de rillustçe ^t consciencieux Ôulong, j'obii(\9 en ^37 sans même s^vpir d'à vanceguMl ^n^tait question.» (Yoy.p. 335.)
10. Sommaire : Lettre du 29 juin 1843, Paris.— Ce fragment de lettre consacre l'accord sur la méthode, ce qui est le principal, et signale des dissidences ^ur divers points secondaires, tf. Comte espère que |f . ^}\i, par le progrès de ses éludes et de ses méditations, renoncera à ses dissidences. L'événement a démenti cet augure; et M.'Mill à persisté. Ces dissidences portent princip^ement s\ir les femçaes, sur l'économie politique, surla psycholoçiq, sur le gouvernement parlementaire, sur 1q pouvoir spirituel, dont'tf. Mill aumet la division d'avec le temporel sans penser qu*il doive former iine corporation sacerdotale.
• .... Quelque graves qye soient» enelles-roém^ ^esfiissidenc^ que vous npt'anponçe:^ franchement ç)z^ter encprc) entre nous syr çer^ne^s i^otion^ fie étatique sociale, elles ne m'effrayen^ ^ucqpement pour la plénitude i^téri^ure de notre synergie philpspphiqyei, puisque nouç somoies déjà complètement ral^^s en tout ce qui concerne 1^ métbode, soit universelle, soit sp^ci^^ment so,ciologiqi;(e ; c'était la condition la plif^ ^éç^iv.ç e^ ^ plus rar/emçnt remplie jusqu'ici. Suivant Iç çpurs iiHéiriçur. de yos méditations spontnnéçs, je ï\ç doute pa.s que^ Taccprd actuel 4e no^ de.ux cer-* veaux, quant c^ I9 théorie du piouvement social, pe s'étende bientôt aussi à celle de l'existence , même avant que vous puissiez recevoir, à cet égard, l'influence de Télaboration directe que j*enta^^rai l'an prpc^ain. Un esprit coipme le vôtre ne sau^a^ longtemps resteç atteint p^r les aberrations ^e notre époque çur \e^ condition^ éléçç^ent^res de Vasspcifttion don^estique ; les hérésies çoinme celles que votre
noble conduite me signale, quelque énormes qu'elles doivent sembler, ne sont vraiment incurables que chez ceux où le cœur est devenu solidaire des déviations intellectuelles. J'ai d'autant plus de confiance à ce sujet que j'ai moi-même passé jadis par une situation mentale fort analogue, quoique les études biologiques m'en aient peut-être plus rapidement retiré. C'est, à mes yeux, une phase inévitable du développement actuel des esprits émancipés, qui livre momentanément à la philosophie négative des notions indispensables dont la théorie est malheureusement restée jusqu'ici sous la dangereuse tutelle des conceptions Ihéologiques, mais qui, au fond, n'ont d'autre tort essentiel que cette désastreuse connexité. Les sept ou huit ans dont mon âge excède le vêtre, expliquent tout naturellement pourquoi je suis sorti de cette position transitoire, tandis que vous y êtes encore. Mais je ne doute nullement que, par vos propres réflexions, vous ne deviez aussi en sortir complètement. On ne saurait sentir, aussi profondément que vous l'avez fait, le néant organique de la métaphysique révolutionnaire , et rester indirectement soumis à son ascendant par ces notions élémentaires. L'accord par&it qui existe déjà entre nous sur le principe fondamental de la séparation systématique des deux puissances me garantit spécialement notre convergence ultérieure et prochaine à cet égard ; car ce point de départ de l'organisme positif était surtout difficile à poser convenablement, et nous sommes, je crois, les seuls jusqu'ici qui l'admettions d'une manière vraiment complète, susceptible d'une pleine réalisation. Toutes les autres divergences s'effaceront peu à peu sous l'ascendant graduel d'une telle communion de doctrine; car les aberrations dont il s'agit proviennent surtout d'une irrationnelle tendance à régler par les lois ce qui dépend essentiellement des mœurs, et par conséquent elles doivent céder à une juste appréciation de la coordination
fondamentale entre la discipline morale et la discipline politique. »
11; Sommaire: Lettre du 6 février 1844, Paris.— M. Comte envoie à M. Mill son Dit court sur Vetprit positif. Il se félicite de la dissémination qu'éprouvent en Angleterre son nom et son ouvrage.
<r .... En vous parlant» dans ma dernière lettre, de Tadhésion explicite que vous veniez de formuler récemment à l'ensemble de ma théorie d'évolution , je ne pensais nullement à présenter comme incomplète à cet égard l'honorable appréciation dont vous m'avez si loyalement honoré aux yeux des penseurs européens, et pour laquelle je ne saurais jamais conserver t^op de profonde reconnaissance. J'avais seulement voulu dire que, votre sujet ne vous ayant pas conduit ni pu conduire à développer directemenf votre opinion formelle sur la réalité de l'ensemble de cette théorie historique, la manifestation spéciale que vous avez^eu l'occasion de formuler dans une de vos dernières lettres m'a* vait été extrêmement précieuse y comme toute importante approbation émanée de vous, en augmentant ma propre confiance, uon-seulement dans la justesse intrinsèque, mais aussi dans l'opportunité actuelle d'une telle conception, d'après laquelle, en effet, je pense , d'accord avec vous, que la sociologie statique devient maintenant la doctrine la plus urgente à constituer pour achever de consolider la nouvelle philosophie sociale.
« Depuis ma dernière lettre, je me suis décidé à publier séparément quelques exemplaires du discours préliminaire, qu'on imprime en ce moment, du petit Traité philosophique d'astronomie popiUaire , qui ne pourra paraître qu'à la fin d'avril. Ce discours représente le discours d'ouverture de mon cours annuel, coupé cette année en quatre séances orales, dont j'ai déjà fait deux, au lieu de la séance-monstre de trois ou quatre heures que j'avais eue Tan dernier; je
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me trouve très-bien de ce partage, et mon auditoire aussi, dont Mme Austin et M. Austin ont bien voulu faii^ p^r^e; jusqu*ici. En publiant à part ce discours, d'une centaine de pages, SQus le titre propre de IHscaurs sur tesprit posU^^ je me suis proposé de donner une idée sommaire de la nouvelle philosophie à ceux qui ne peuvent ou ne veulent affrq^t^r ]^ lecture de six ^normes volumes , dont toutes les princips^les conçeptiops y sont rapidement indiquées ayec un caractère coqyepablp d'unité philosophique. Ç'çst, §p ^n n^ot, une sorte de manifesta systématique de la nouvelle école, et peut-être penserez-vpua que, ^ ce titre, il comporte une véritable importance, indépendante de celle de Tonvf^a^e didactique dont il formera d'a|l|^urs le préambule.... « J'ai trouvé là (chez M. et Mme Austin) unç pleine cpqQrmatiou spéciale de vos récentes po^velles sur le subit açqroia-. semant de dissémin^ition qu'éprouvent aujourd'hui, en Angleterre, mon nom eX ptipn oviyrage. YousçqQceyez bien quçi je vous rapporte la majeure partie de cç retentisseopent imprévu, qui n'aurait certes pi| avoir lieu, du moins à un tel degré, sans la noble ^)anifestc|tion décisive donf vous avez eu le courage de m'honorer publiquement. Au reste , cet éclat inattendu ne m'inspire aucun désir de m'en enquérir plus spécialement, et j'y trouve, au contraire, de pouveaux motifs d'apprécier ^t de maintenir poon heureuse abstinence^ systématique de tpu^e lecture semblable; car, saps ce sage régime, la faiblesse humaine m'exposerait peut-être, comme tant d'autres penseqrs, à me laisser trop affecter, soit en bien soit en mal, mais toujours au détriment de mes méditations continues, des divers jugements dont je deyiens ainsi l'objet, et qu'il m'est beaucoup plus c^oux d'ignorer, en me tenant à la paisible lecture.de mes chers poètes. Toutefois, comme cet ^n|ioi peut, à qviet^Hea égards, deveQirutil^ à l'essor e^ surtoi; | à l'installatiofi de l'^cQle positive , J9 pense que le Discours que je ypus çpverra) proch^pement
pourra contribuer à stimuler ou à entretenir cette atteption déjà accordée che^ yous par le? esprits actifs à la nouypl}e philosophie, un pe^ av^nt le temps où j'ayais en e(T^^ pr^yu qu'on ne manquerait pas d'y prendra garde.... »
12. Sommaire : Lettre du 23 août 1844, Paris. --Ce fragment» relatif h un incident qui se passa à l'ficole polytechnique, montre la confiance que les élèves avaient en M. Comte.
« .... Après que les élèves s excités probablement par quelques brouillons extérieurs, ont ainsi refusé formellement de se laisser examiner par le délégué temporaire du ministre, Tautorilé a été conduite, peut-être un peu précipitamment» à les licencier, tandis qyMl aurait sans doute sufti de les tenir sévèrement cloîtrés, jusqu*à ce qu'ils se soumissent. II est probable que ce retour ne se serait pas fait beaucoup attendre, vu le peu de gravité intrinsèque du motif d'irritation. La veille même du licenciement, ces jeunes gens, qui ont en moi une grande confiance générale, m^avaient envoyé une députation formellement chargée de me consulter sur la conduite collective qu'ils devaient tenir en cette occasion. Après les avoir prémunis contre les instigations agitatrices, je les avais fortement engagés à une soumission pure et simple. Quoiqu'elle n'ait pu être faite assez tôt pour prévenir le licenciement, il est probable que, s'ils s'y décident sincèrement, elle en réparera bientôt TefTet; tout ce fracas, que les journaux auront ridiculement exagéré comme de coutume , va sans doute aboutir à une prochaine rentrée générale, qui n'aura d'autre résultat que
1. Ils avaient refusé de se laisser examiner à la sortie par Texaminateur qui venait d'ôtre nommé directeur des études et à qui le ministre avait conservé provisoirement la fonction d'examinateur, les présentations par l'École et par l'Académie des sciences n'ayant pas été dûment faites. Leur raison était qu*il ne conveiiait pas que Texamen à la sortie et la direction des étu4e8 fussent dans la môme main.
de retarder d'un mois le service ordinaire des ezameDs, de façon à priver ces jeunes gens de leurs vacances. Touterois il est heureux que cet incident soit survenu après la clôture de nos chambres ; car, sans cela, le cas eût été probablement envenimé par les déclamations de certains agitateurs dans la tribune nationale.... »