COURS FAIT AU PALAIS-ROYAL
au mien, je vous prie. Monsieur le Ministre, d'agréer aujourd'hui la sincère expression de ce sentiment naturel.
< Salut et fraternité.
« 13 Archimède 62 (7 avril 1850). »
Remis en possession de sa salle» M. Comte témoigna sa gratitude à sa femme de ce qu'il appelait une issue inespérée: « Je me plairai toujours à vous en faire un digne hommage. Aussi lirai-je d'abord mercredi, à la Société positiviste, les principaux passages de votre lettre au ministre , sans cacher d*où elle vient. Votre prochaine présence à mon nouveau cours se trouvera ainsi entourée d'une secrète reconnaissance des plus zélés auditeurs. Sans cette juste déclaration» je craindrais que leur gratitude ne s'égarât ailleurs (14 Archimède, 62). >
Un an après, cette salle fut décidément rcîlirée ; et le coup d'État du 2 décend)re ferma le cours sans retour. Longtemps M. Comte se flatta d'obtenir que ses leçons fussent de nouveau autorisées, mais on ne revint pas sur la décision. Enfin, quand tout espoir fut perdu pour lui, M. Comte se consola en disant qu'en définitive le reftis définitif était heureux et salutaire, et que le pouvoir, ptns clairvoyant que lui, avait compris qu'il ne convenait plus au grand prêtre de l'humanité, de paraître dans une chaire et devant un auditoire*.
1. M. Comte lut, à une des séances de la Société positiviste» une de ses lettres de demande adressées à H. Bineau. J'y assistais. Avant de la lire, il qualifia sa lettre de bref. Je crus alors que ce terme n'était qu'une métaphore, une figure; mais c'était vraiment une réalité. Dès ce moment » M. Comte s'était fait grand prêtre de l'humanité, pape, et il écrivait des brefi. Ce mot préparait ce qui, arrêté dans son esprit, n'était encore connu que de lui.