‹ Auguste Comte et la philosophie positiveChapitre 13 sur 68 · PqtoUs de philosophie poiitive · texte numérisé non relu

PqtoUs de philosophie poiitive

coanaissance aux deux penseurs qni Tont sueoessivement trouvée. Gela, je n*ai jamais prétendu le contester; si je l'avais fait, j'aurais ébranlé moi-même l'édifice philosophique sous lequel je m'abrite.

Hais, en histoire, tout n'est pas renfermé dans Tordre scientifique. M. Comte, qui a dit quelque part qu'il fallait bien, aux débuts de l'humanité, supposer certaines notions qui ne fussent ni théologiques ni métaphysiques, a indiqué le germe, je ne dirai pas de mon objection, mais de ma restriction. En effet cette loi des trois états ne comprend ni le développement industriel, ni le développement moral, ni le développement esthétique. A la vérité, elle porte ce caractère excellent d'être relative aux spéculations où l'évolution par filiation est le plus manifeste et par conséquent de donner une notion positive de la marche de l'histoire; M. Comte s'y est abandonné, et elle ne l'a pas trompé. Mais il n'en reste pas moins des lacunes et des vides à combler. Pour essayer de les combler, j'ai, dans les Paroles de philosophie positive, esquissé un développement du genre humain en quatre périodes, répondant à quatre périodes semblables du développement de l'individu. Alors j'ignorais que j'avais été précédé par Saint-Simon; aujourd'hui j*ai hâte de reconnaître ce plagiat involontaire. Voici ce que disait Saint-Simon en 1808 :

« L'intelligence générale et l'intelligence individuelle se développent d'après la même loi. Ces deux phénomènes ne diffèrent que sous le rapport de la dimension des échelles sur lesquelles ils ont été construits. Cette vérité, facile à constater par l'examen comparé de la marche de l'esprit humain et du développement de l'intelligence individuelle, offre l'avantage de pouvoir faire connaître le sort futur de l'humanité jusqu'à sa mort (Œuvres, t. I, p. 177). » Saint- Simon admet quatre développements pofcr l'individu et pour l'humanité : l"" l'enfance où l'on se plaît aux métiers;

HISTOiaQUE. — TDRGOT. 51

S*" la puberté où l'homme devient artiste ; S** de viigt-cinq à quarante-cinq ans llmmne est essentiellement militaire; 4« à partir de là ses forces spécnlatives augmentent.

le passe rapidement, et ne m'arrête pas à feire Toir que mon diagramme diffère essentiellement de celui de Saint- Simon, le me borne à noter que mon idée se compose de deux parts : l'une, qu'il y a dans l'individu un développement analogue à celui que l'espèce subit dans l'histoire : cette part est réservée à des recherches ultérieures ; l'autre, qu'il y a dans le genre humain quatre ordres de développements : le développement industriel, le développement moral, le développement esthétique et le développement scientifique. Cette division, examinée plusieurs fois depuis quatre ans, me paraît devoir être conservée et contenir les éléments essentiels d*un traité de sociologie.

Le lecteur m'accuse peut-être déjà d'intervenir ici à tort avec mes idées propres et de me laisser aller à une digression; ce n'en est pourtant pas une; car je suis conduit à une indication que je regarde comme de grande importance. 11 n'existe point de traité de sociologie. Les trois volumes qui terminent le Système de philosophie positive contiennent non une sociologie, mais le dessin du développement de rhistoire; j'en donnerai très-brièvement une idée claire, en les comparant, en biologie, à un traité sur l'évolution de l'individu d'âge en âge. La Politique positive est, dans l'intention de l'auteur, un livre d'application où il s'efforce de montrer comment il faut passer des principes philosophiques et sociaux à l'organisation des sociétés. Personne, depuis, ne s'est essayé à un aussi grand sujet, et, pour continuer ma comparaison avec la biologie, on n'a en sociologie ' aucun traité qui soit l'équivalent d'une physio-

1. Faute de termes qai ne sont pas encore créés , je suis obligé de prendre sociologie en deux sens différents : dans l'un il désigne la science

logie. Il me parait que les quatre développements que j'ai indiqués sont les points fondamentaux d'une physiologie sociologique. Mais, quelle que soit Topinion à cet égard, mon indication demeure; et je regarde comme ma fonction de signaler aux esprits désireux de travail et de méditation les objets sur lesquels ils peuvent se porter. Étendre la philosophie positive est le premier et le plus grand hommage à rendre à M. Comte.

totale et répond à biologie; dans l'autre, il désigne une portion de la science, et Teut dire physiologie sociologique.

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