‹ Auguste Comte et Stuart Mill :Chapitre 6 sur 18 · Hiid., p. G · texte numérisé non relu

Hiid., p. G

truisent, par une investigation trop minutiense ' , des généralisations déjà obtenues, sans être capables d'en substituer d'autres (p. 61). »

J'ajouterai que M. Comte, qui condamne les investigations trop minutieuses à rencontre des généralisations déjà obtenues, a condamné aussi l'astronomie stellaire, inutile suivant lui à nos besoins théoriques et pratiques qui sonl renfermés dans l'enceinte de notre système solaire; condamnation dont, au nom de la philosophie, j'ai appelé il y a longtemps. M. Mill attribue de telles propositions à ce que M. Comte était peu soucieux du critérium logique de la preuve. Gomme si, indépendamment du cas de l'astronomie stellaire auquel ce reproche est inapplicable, comme si, dis-je, M. Comte avait eu besoin du moindre critérium pour apprécier l'irrégularité de telles conceptions, et comme s'il avait été aveuglé en ceci par quelque illusion de raisonnement ! Mais, de propos délibéré, il faisait céder la rigueur de la réalité à une fausse utilité, jugeant plus avantageux de s'accommoder à certains penchants et plaisirs de l'intelligence que de poursuivre rigoureusement la correspondance entre la conception et le fait. Quel que soit le motif, du reste, la philosophie positive doit repousser ces accommodations. Il n'est pas bon de prendre pour suffisantes des conceptions sciemment hypothétiques; il n'est pas bon de respecter des généralisations que la critique entame et défait; il n'est pas bon enfin d'interdire les recherches qui plongent dans l'infinité de l'espace. A cela le péril serait double, soit que scientifiquement on s'exposât à étouffer la connaissance de faits dont la portée logique ne peut être estimée, soit que, philosophiquement, on ouvrît la porte à je ne sais quelle théologie ou métaphysique bâurdes.

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