‹ Auguste Comte, médecinChapitre 5 sur 12 · BIOLOGIE · texte numérisé non relu

BIOLOGIE

§ I. — Importance de la Biologie.

La Biologie est, de toutes les Sciences médicales, celle qui doit le plus au génie d'A. Comte. Le mot lui-même Biologie, bien que créé par Saint-Simon, son ancien Maître, ne reçut quede sa plume la consécration et lapopularisation quiassurent la fortune d'un mot. Jamais Savant ne fut plus pénétré que lui de l'importance qu'il faut accordera l'étude des êtres vivants. Sans doute, avant lui, le DrBurdin avait reconnu cette importance. Dans une conversation avec Saint-Simon, Burdin avait montré que, de même que l'Astronomie et la Chimie avaient commencé par être l'Astrologie et l'Alchimie, la Biologie n'avait été pendant longtemps que du Charlatanisme, et qu'elle commençait enfin à se baser sur des faits observés et discutés ; il avait ajouté que les Mathématiques devaient enfin cesser de primer l'ordre intellectuel et qu'il était temps que la Biologie prit, dans la série des sciences et dans l'enseignement scientifique, la place et la prééminence

qui lui sont dues (1). Mais ce ne fut en somme qu'une phrase de conversation, sans écho et sans résultat.

Au fondateur du Positivisme revient l'honneur d'avoir éclairé l'importance de la Biologie de toutes les lumières de l'évidence. Partout, dans ses conversations, dans ses Cours, dans ses Ouvrages, il a défendu et propagé cette idée, avec l'autorité irrécusable que lui donnait sa compétence universelle; partout il donne à la Biologie !a suprématie scientifique, la préséance philosophique. Il nousest facile de prouver ce que nous avançons, et parmi les plaidoyers qu'A. Comte a consacrés à son tlada scientifique (c'est le vrai mot), nous n'avons que l'embarras du choix.

On sait qu'en Angleterre les théories d'A. Comte rencontrèrent de nombreux partisans, entre autres le célèbre philosophe Stuart Mill. A. Comte lui écrivait, le 27 janvier 1846 :

« Votre préparation scientifique a trop exclusivement embrassé les spéculations inorganiques et mathématiques, sans une suite convenable d'études biologiques... Si l'adhésion de M. Littré au Positivisme est plus complète et plus explicite que la vôtre, je n'hésite point à expliquer surtout cette différence philosophique entre deux éminents penseurs par la nature de leur préparation scientifique, inorganique chez l'un, biologique chez l'autre » (2).

Dans une autre lettreàStuart Mill(F>avril 1842), il déclare que devant subordonner les Géomètres qui jusqu'ici ont eu la préséance, aux Biologistes

1 Littré, p. 92, et Robinet, p. 131.

2 Littré, p. 3E3. — Philosophie positive, T. VI. Préface.

et aux Sociologistes, il excite leur haine contre lui et met en danger sa position à l'Ecole polytechnique :

« Depuis Bacon et Descartes... les Géomètres ont dû prévaloir, puisque c'est d'eux qu'émane d'abord la Positivité. Proclamée en principe au XVIIe siècle et développée en fait pendant le XVIII* , c'est de nos jours que leur prépondérance provisoire a été complètement réalisée ; or c'est précisément alors qu'elle doit cesser, par suite de l'extension de la méthode positive à la science de l'homme d'abord individuel, puis social, qui, par sa nature, doit redevenir prédominante, comme elle l'a été en temps normal, sous le régime théologique et métaphysique » (1).

Il a une telle estime pour la Biologie que, dans son évolution religieuse, il la place, à côté de la Sociologie et de la Morale, dans le groupe des Sciences sacrées, les autres Sciences formant le groupe profane (2).

Il ne se contente pas d'affirmer que la Biologie est la Reine des Sciences, il prouve cette suprématie, en divers endroits, par des arguments d'une vérité profonde.

N'a-t-elle paspourobjetl'étudedesètresvivants, tant végétaux qu'animaux, et surtout de l'homme « qui doit toujours être son point de départ en même temps que son but »? (3). Qu'y a-t-il, pour l'homme, de plus précieux, de plus élevé que l'homme même ? La dignité de l'objet ne crée-t-elle pas, à elle seule, la dignité de la Science ?

Mais c'est là l'argument banal, il en découvre

(1) Littré, p. 433.

(2) Robinet, p. 593.

(3) Phil. positive, T. III, p. 211.

de plus ingénieux. La Biologie est une science supérieure, parce qu'elle s'occupe d'un objet plus compliqué, que les Sciences dites inférieures, l'échelle des Sciences étant déterminée d'après la loi de généralité décroissante et de complication croissante. La Mathématique a l'objet le plus général et le moins compliqué, c'est l'inverse pour la Biologie, complétée par la Sociologie et la Moral e(l).

Ces deux dernières Sciences, qu'A. Comte se glorifiait, non sans raison (pour la première tout au moins) d'avoir fondées, ont leur raison d'être, et puisent leurs principes dans la Biologie.

« L'étude systématique de la science sociale suppose la connaissance des lois vitales, car les peuples sont des êtres vivants, et si les conditions essentielles de la vitalité venaient à changer, les phénomènes sociaux en seraient profondément modifiés » (2).

La Morale, à son tour, suppose la connaissance de la nature humaine, considérée dans l'individu, comme dans la société, quand elle donne les règles de conduite privée ou publique.

D'après A. Comte, la Biologie offre aux Savants les plus grands avantages. Elle est utile à la formation de l'intelligence; elle accoutume l'esprit à l'observation, au raisonnement, et lui donne des habitudes d'ordre et de logique, en particulier parce qu'elle seule porte à leur plus haut degré l'art de comparer et l'art de classer.

di Littré, p. 312.

(2) Robinet, u. 38. — Dans son évolution religieuse, il accorde la Préséance à la Morale sur la Sociologie, et à la Sociologie sur la Biologie.

« Les études biologiques fournissent aux esprits étrangers aux spéculations scientifiques la mesure de la force intellectuelle d'un Savant. Les études mathématiques, vu l'application plus spéciale et plus prolongée qu'elles nécessitent, et la langue hiéroglyphique qu'elles emploient, ne constituent au fond qu'un appareil imposant propre à masquer souvent, aux yeux du vulgaire, une profonde médiocrité intellectuelle » (1).

Un vrai Biologiste ne saurait être une intelligence médiocre, même aux. yeux d'un ignorant, tellement la Biologie suppose les qualités les plus éminentes de l'esprit. Leibnitz, Descartes, Pascal doivent leur célébrité, non à leurs connaissances mathématiques, mais à leurs méditations originales sur l'homme ou sur la société.

Les progrès de la Biologie auront une puissante influence sur le développement radical et l'émancipation définitive de la raison humaine, en dissipant à jamais les conceptions théologiques et métaphysiques sur l'homme et la société, telles que les hypothèses des causes finales et d'un gouvernement providentiel (2).

Enfin, pratiquement, la Biologie étendra ses applications : 1° à l'éducation des êtres vivants, végétaux et animaux, c'est-à-dire à la direction systématique de leur développement pour un but déterminé, 2° à leur médication, c'est-à-dire à l'action rationnelle exercée par l'homme pour les ramener à l'état normal.

(1) Phil. posit. T. III, p. 306, 320.

(2) PkiL posit. T. III, p. 326.

S'il. — Origine et Histoire de la Biologie.

Partant de cette idée que toute science est née d'un art correspondant et qu'elle reçoit une impulsion énergique des besoins de l'application, A. Comte montre que c'est en vertu des besoins croissants de la Médecine pratique et des indications fournies par elle sur les principaux phénomènes vitaux, que la Biologie a commencé à se détacher du tronc commun de la Philosophie primitive pour former une science distincte, pour se composer de plus en plus de notions vraiment positives (1).

Rien de plus vrai. Malheureusement il sent le besoin d'appliquer ici sa Méthode subjective, et de dogmatiser sans prouver. Après avoir reconnu cette dépendance originelle de la Biologie envers la Médecine, il ajoute que toutefois la Science biologique est parvenue aujourd'hui à cette époque de pleine maturité où, dans l'intérêt de ses progrès ultérieurs, elle doit prendre un essor franchement spéculatif, entièrement libre de toute adhérence directe, soit à l'art médical, soit à aucune autre application. Il est fâcheux, à l'entendre, que l'étude de la Biologie soit « entièrement livrée aux seuls médecins, que la haute importance de leurs occupations et ordinairement aussi l'imperfection de leur éducation, doivent rendre impropres à une telle destination ». On ne confie pas aux navigateurs la culture de l'Astrouo-

(1) Phil. posit. T.1II. Leçon sur l'entemble de la Biologie, p. 196.

mie, pourquoi donc abandonner les études, biologiques aux loisirs des Médecins?

C'est ici le cas d'appliquer l'adage des Scholastiques : « Omnis comparatio claudicat ! », — et disons, sans plus, que l'assimilation est d'une fausseté criante. : — Comment )a Biologie pourra— t-elle être uniquement spéculative? Fille de lai Médecine, elle ne saurait renier sa Mère dont elle est le principal soutien. Son objet principal étant l'étude de la vie humaine, elle ne peut s'empêcher de passer de la théorie à la pratique, et d'appliquer ses découvertes dans le vaste champ des phénomènes vitaux à la conservation de la vie par l'Hygiène et la Thérapeutique.

Le domaine de la vie est immense, puisqu'il embrasse la Botanique, la Zoologie et l'Anthropologie. Qu'on soit obligé d'appeler à sa culture plusieurs catégories d'ouviiers, nous le concevons aisément. Mais pourquoi en exclure les Médecins* Qui donc a fondé, défriché, ensemencé et agrandi le domaine biologique, sinon les Médecins? Tous les Maîtres de la Médecine qu'A. Comte a inscrits dans le Calendrier positiviste, n'étaient-ils pas des Maîtres en Biologie, Harvey, Boërhaave, Stahl, Morgagni, Bichat qu'il traite de grand Physiologiste quelques lignes plus bas? Médecins ausst les Maîtres modernes, Magendie et Claude Bernard.

Car si la Biologie est le fondement de la Médecine, celle-ci lui fournit à son tour les meilleurs moyens d'investigation. La Pathologie et la Thérapeutique n'aident-elles pas puissamment au.

progrès de la Physiologie? A. Comte ne reconnait-il pas lui-même dans la même Leçon que « l'invasion successive d'une maladie, le passage lent et graduel d'un état normal à un état pathologique, loin de -tituer d'inutiles préliminaires, peuvent offrir d'inappréciables documents au Biologiste capable de les utiliser? »

Ne dit-il pas dans une de ses lettres à M. Audiffrent :

« Les études cliniques sont éminemment propres à signaler les lacunes et les imperfections de la Biologie, dont les conceptions qui ne comportent aucune application médiront, par cela seul, oiseuses ou vicieuses » I).

Enfin si la plupart des Médecins ne sauraient, à cause de leurs occupations, se consacrer exclusivement aux études biologiques, ne peut-il y avoir des Médecins qu'une haute intelligence, une éducation à bonne école, et les loisirs nécessaires d'une situation méritée « rendent propres à une telle destination »?

A part cette malencontreuse théorie de l'exclusion des Médecins des sciences biologiques, la leçon qu'A. Comte a consacrée à l'ensemble de la Biologie, fourmille d'aperçus ingénieux, et d'observations frappées au coin de la plus saine raison. Nous ne saurions tout citer, une anal}-se complète déborderait le cadre étroit de cette Thèse. Nous nous bornerons aux considérations suivantes.

Ainsi que nous l'avons exposé au Chap. r-'r, A. Comte place la Biologie parmi les Sciences abstraites, dont l'objet est l'étude des lois qui

1 Robinet, p. ;27.

gouvernent les faits élémentaires de la nature. Aussi, par suite de sa place dans la hiérarchie scientifique, la Biologie ne saurait se passer du concours des autres Sciences abstraites. La Philosophie théologique ou métaphysique procède de la considération de l'homme à celle du monde, et par là est conduite à attribuer tous les phénomènes à des volontés correspondantes, d'abord naturelles, et ensuite surnaturelles. La Philosophie positive, au contraire, a pour fondement l'étude des lois de la nature ; de la connaissance du monde fournie par les Mathématiques, l'Astronomie, la Physique et la Chimie, elle s'élève progressivement jusqu'à l'étude de l'homme dans la Biologie; les phénomènes de la vie sont assujettis aux lois générales du monde dont ils ne présentent que de simples modifications (1).

C'est là certainement une des idées les plus fécondes d'A. Comte : la Biologie ne saurait être indépendante des autres Sciences. 11 y a du mérite à l'avoir vu, et à l'avoir proclamé, peu d'années après que Bichat avait soutenu la prétendue indépendance des corps vivants entre les lois générales, et la fausse idée d'un antagonisme absolu entre la nature morte et la nature vivante.

La Biologie a été cultivée dès la plus haute antiquité. Démocrite et Hippocrate l'étudient; Aristote y consacre de très importants travaux ; tous les Médecins, directement ou indirectement, y apportent leurs contributions; des découvertes

(1) Pliil. posit. p. 110.

s'y font, entre autres celle de la circulation du sang.

« Malgré tout cela, dit Littré qui résume ici la doctrine du Maître, la Biologie n'était pas constituée. Quel que fût le caractère des faits qui venaient en lumière, il n'en résultait aucune notion qui séparât dogmatiquement la Biologie des sciences inférieures. Elle demeurait un appendice, un prolongement de laPtrysique et de la Chimie; et, quand on voulait en constituer la théorie, on ne manquait jamais d'en grouper les faits autour de quelque principe emprunté, suivant le temps, aux domaines déjà constitués. Les esprits qui protestèrent contre ces explications n'eurent rien à proposer en place. C'est qu'en effet manquait à la Biologie une consistance dogmatique, qui ne pouvait venir que lorsqu'on saurait enfin si la cellule, si la fibre musculaire, si la fibre nerveuse avait des propriétés à elle, ou ne présentait que des modifications de quelqu'une des forces qui appartiennent à la matière inorganique » (1).

Quand parait A. Comte, la Biologie est constituée comme science distincte. Mais ses données ont-elles le caractère de certitude qu'offrent les principes des autres Sciences abstraites? A. Comte ne le pense pas.

C'est Descartes qui, en imprimant ù la raison humaine une vive impulsion vers la positivité, a produit, en Biologie, l'Ecole de Boérhaave, le Physicismequi, pour subordonner la Biologie à la Philosophie naturelle, ne conçoit d'autre moyen de rendre positive l'étude de la vie que de la fondre, à titre d'appendice, dans le s\-stème général de la Physique inorganique. Mais une vive réaction s'opéra « contre cette aberration philosophique » et bientôt parut la théorie de Stahl, qu'A.

(1) Littré, p. 302.

Comte regarde comme la formule la plus scientifique de l'état métaphysique de la Biologie. C'est l'Animisme, qui, pour expliquer chaque phénomène de la vie et chaque maladie, fait intervenir, dans les corps organisés, considérés comme inertes, l'âme pour principe d'action, pour cause première. Ces deux Ecoles antagonistes, l'Ecole physico-chimique et l'Ecole métaphysique, sont personnifiées par « les deux célèbres Facultés de Paris et de Montpellier ».

Chose curieuse ! tout en tenant ces deux doctrines pour erronées, A. Comte est moins sévère pour la doctrine métaphysique, lui, ladversaire-né des idées métaptrysiques ! Il croit que le caractère organique a toujours appartenu à cette dernière, qui remplissait au moins la principale condition de concevoir la Biologie comme science distincte ; l'Ecole physico-chimique n'a eu qu'une action purement critique, en démontrant la dépendance des lois organiques à l'égard des lois inorganiques.

Quant à la théorie de Barthez, elle ne diffère de celle de Stahl que par l'expression : le principe vital est la même entité métaphysique que Stahl appelait cane et Van Helmont archée. Van Helmont, Stahl, Barthez s'éloignent de plus en plus de l'état théologique de la Biologie, tout en restant dans son état métaphysique.

La théorie de Bichat, fondateur de l'Anatomie générale, créateur de la science des tissus, représente un progrès sur les autres théories ; elle repose sur une base positive, car elle considère

les phénomènes vitaux comme résultant des propriétés, des activités particulières des tissus, mais elle a le tort de poser en principe que les propriétés vitales des corps organisés sont absolument opposés aux propriétés des corps inorganiques. D'ailleurs les forces vitales de Bichat ne sont encore qu'une entité métaphysique

En résumé, d'après A. Comte, la théorie de la vie est encore à trouver. Les deux Ecoles antagonistes doivent disparaître dans la marche du progrès. Elles ressemblentaux Réactionnaires et aux Révolutionnaires en politique : l'Ecole métaphysiquedétermineunerétrogradationvers l'état théologique, et l'Ecole physico-chimique, une sorte de dissolution anarchique de toute doctrine physiologique proprement dite (1).

La prophétie d'A. Comte, comme tant d'autres, est loin de tendre à sa réalisation, du moins pour l'Ecole physico-chimique.

« La chimie moderne, avec Lavoisier, nous dit l'éminent Prof. Math. Duval, nous a montré que la plus grande partie des phénomènes qui se passent dans les êtres vivants sont des phénomènes physico-chimiques identiques à ceux que présentent les corps bruts >.

Grâce aux travaux de Magendie et de Cl. Bernard, bien que « la Physique et la Chimie ne nous permettent pas aujourd'hui d'expliquer tous les phénomènes vitaux..., elles nous permettent toujours, grâce à leurs puissants moyens d'investigation, de saisir et de Localiser ces phénomènes,

(1) Phil. posit. T. III, p. 450.

de les rattacher à un substratum organique, et nous dispensent d'invoquer l'existence d'un principe entièrement indépendant des formes organiques dans lesquelles il se manifesterait » (1).

§ III. — Division et Méthode de la Biologie.

Contrairement à l'idée de Bichat, A. Comte enseigne que l'idée générale de vie suppose non seulement un être organisé mais encore un milieu, qui influe sur l'être vivant, réagissant à son tour sur les influences extérieures. Ce mot milieu a été introduit par lui dans la Science, comme il le déclare lui-même (2).

Or la Biologie, telle que le Positivisme la considère, doit, pour expliquer la vie, rattacher constamment l'un à l'autre le point de vue anatomique et le point de vue physiologique, l'état statique et l'état dynamique, la structure de l'être vivant et l'action réciproque de l'être vivant et du milieu ; d'où les deux grandes divisions de la Biologie, l'Anatomie et la Physiologie.

Le double problème biologique peut se poser mathématiquement: Etant donné l'organe ou la modification organique, trouver la fonction ou l'acte, et réciproquement. — Pour en trouver la solution, on doit considérer, contrairement à ce qu'on a fait jusqu'alors, l'Anatomie et la Rhysiologie comme intimement unies (3).

(1) Cours de Physiologie, p. 2.

(2) Phil. posit. T. IU, p. 209.

f3) Phil. Posit. p. 211, T. Ht.

Quant à la méthode propre à ces deux branches de la Biologie, il l'expose longuement dans la même Leçon XL* de sa Philosophie positive. Les phénomènes biologiques sont incomparablement plus compliqués que les phénomènes inorganiques, aussi « leur étude comporte-t-elle l'ensemble le plus étendu des moyens intellectuels, dont plusieurs essentiellement nouveaux. Elle développe dans l'esprit humain des facultés pour ainsi dire inactives dans les autres Sciences».

C'est l'observation d'abord, non par l'emploi de deux ou trois sens, ou même d'un seul, comme dans les autres Sciences, mais par l'emploi combiné des cinq sens. Il insiste, à ce propos, sur les merveilles du microscope, et il fait espérer que les appareils, imaginés pour le sens de l'audition, iront en se perfectionnant.

Le seconds moyen est l'expérimentation, en agissant soit sur l'organisme, soit sur le milieu, et en profitant même des altérations pathologiques.

Le troisième moyen est la comparaison qui se rapportée 5 chefs principaux (1) : 1° comparaison entre les diverses parties de chaque organisme, 2° entre les sexes, 3° entre les phases du développement, 4° entre les races ou variétés de chaque espèce, 5° entre tous les organismes de la hiérarchie biologique, 6° entre les divers états pathologiques. Enfin, comme dernier moyen d'investigation, il conseille aux Biologistes d'imiter le?

I Phil. posit. p. 245.

Astronomes et d'avoir recours à l'hypothèse ls plus plausible, quand il s'agit de découvrir la fonction inconnue d'un organe donné, ou l'organe caché d'une fonction évidente, à la condition indispensable que l'hypothèse soit constamment susceptible d'une vérification positive. Sage réserve dont il s'est départi lui-même trop souvent.

§ IV. — Anatomie.

D'après A. Comte, la science de l'Anatomie est beaucoup plus avancée que la science de la Physiologie. Il cite à ce propos l'ingénieuse comparaison de Méry, au siècle précédent :

« Nous autres Anatomistes, nous ressemblons aux commissionnaires de Paris qui connaissent exactement toutes les rues, jusqu'aux plus petites, mais qui ignorent ce qui se passe dans les maisons ».

Dès le début de la Leçon XLIC, consacrée à la Philosophie de l'Anatomie (1), il rend hommage au génie de Morgagni dont les travaux ont fondé l'Anatomie pathologique. Bichat ne mérite pas un moindre éloge pour avoir prouvé l'importance prépondérante de l'étude des tissus, et montré que l'Anatomiste ne doit pas se borner à l'étude exclusive des appareils. Mais l'étude des tissus n'est qu'une étude préliminaire, ce car les tissus, isolément envisagés, n'ont qu'une existence abstraite dont l'examen des organes et des appareils, peut seul fixer le véritable sens ». En revanche,

(t) Phil. posit. T. 111, p. 389.

il reproche à Cuvier « d'avoir, nonobstant l'inlluence du grand Bichat, continué à s'occuper, en Anatomie comparée, de l'étude exclusive des appareils », sans jamais comprendre l'importance de l'étude des tissus.

Enfin il insiste sur la distinction capitale introduite par son ami de Blainville « entre les éléments anatomiques et les simples produits de l'organisme que Bichat avait confondus ».

Il admet deux sortes de tissus, un tissu fondamental et générateur qui est le tissu cellulaire, et les tissus secondaires et spéciaux : dermeux, fibreux, cartilagineux, osseux, musculaire et nerveux.

£ V. — Physiologie.

D'après A. Comte, la Physiologie doit examiner la vie sous ses trois manifestations principales, la vie organique ou végétative, fondement commun de l'existence de tous les êtres vivants, la vie animale propre aux seuls animaux, la vie intellectuelle et morale, qui, introduite par Gall dans la Physiologie, doit former, par suite de son importance, une branche à part, bien qu'elle se rattache à la vie animale. De là trois grandes leçons publiées dans son Cours de Philosophie positive.

i" Vie végétative.

Sur la nature de la vie, en général, il accepte et développe la définition de M. de Blainville, qui caractérise « ce grand phénomène par le double

mouvement intestin, à la fois général et continu, de composition et de décomposition, qui constitue sa vraie nature universelle m.

D'où il conclut que la vie végétative en particulier, c'est-à-dire la vie de nutrition, comporte deux fonctions essentielles : 1° l'absorption intérieure des matériaux nutritifs puisés dans le milieu, d'où résulte, d'après leur assimilation graduelle, la nutrition finale ; — 2° l'exhalation à l'extérieur des molécules, dès lors étrangères, qui se désassimilentà mesure que la nutrition s'accomplit.

L'être vivant dépend donc du milieu où il naît, se développe, se reproduit et meurt. Ce mot de milieu, il l'a introduit lui-même dans la Science, mais il revendique pour Lamarck l'honneur d'avoir soulevé^cette question, en introduisant dans la Physiologie la théorie des influences extérieures sur la variation des espèces animales (1).

Ces influences sont physiques ou chimiques. Les influences physiques sont la pesanteur, la pression atmosphérique ou liquide, le mouvement et le repos, la température, la lumière, l'électricité. Les influences chimiques sont l'air, l'eau, et certaines substances, soit nutritives, soit thérapeutiques (alcool, opium).

A. Comte n'a émis aucune théorie spéciale sur les différents organes des fonctions de nutrition, à part ce qui suit sur le sang (2), du moins à notre connaissance.

(1) Phil. posit. T. III, p. 430.

(2) Phil. posit. T. III, p. 357.

Munis. — Le sang, ce véhicule de la nutrition, étant formé d'eau en majeure partie, on ne peut concevoir l'eau, corps inerte, comme participant a la vie de lluide. Mais alors quel est le véritable siège île la vie dans le liquide nourricier? Le microscope a répondu en plaçant ce siège dans les globules, qui seraient seuls organisés et vivants. Cette solution ne lui paraît qu'une simple ébauche. Car on admet aussi, que ces globules, quoique affectant toujours une forme déterminée, se rétrécissent de plus an plus à mesure que le sang passe dans un ordre inférieur de vaisseaux, c'est-à-dire en avançant vers le lieu de son incorporation aux tissus; — etqu'entin, à l'instant précis de l'assimilation définitive, il 3' a liquéfaction complète des globules. Ce qui lui parait contraire à l'hypothèse même, puisque le sang cesserait d'être réputé vivant au moment même où s'accomplit son plus grand acte de vitalité.

Cette théorie n'est guère conforme aux enseignements de la Physiologie contemporaine. On croit aujourd'hui que le rôle physiologique des globules rouges consiste essentiellement à se charger d'oxygène qu'ils vont ensuite distribuer aux tissus, ceux-ci rendent au sang une quantité à peu près équivalente d'acide carbonique, qui se dissout dans le liquor, en se combinant avec les sels du sérum. Quant à la destruction des globules, elle aurait le foie pour siège principal (1).

En ce qui concerne les organes génito-urinaires,

(1) Physiologie de M. Duval, p. 180, 185.

nous avons trouvé deux opinions d'A. Comte curieuses à signaler.

Vessie. — Parlant contre les philosophes qui prétendent prouver l'existence des causes finales par la perfection de l'organisme humain, il dit au sujet de la vessie :

« La vessie urinaire, envisagée comme un simple récipient de l'appareil dépurateur, n'a qu'une importance très secondaire, et sa principale influence, dans les animaux supérieurs et surtout dans l'homme, consiste à déterminer souvent un grand nombre de maladies incurables » (1).

A son idée, par conséquent, s'il existe un Dieu, la vessie n'est pas un de ses chefs-d'œuvre.

vierge-Mère. — : La deuxième opinion, autrement hasardée, est de l'époque où, suivant le mot de Littré, ce grand esprit, égaré dans le mysticisme des illusions subjectives, croyait pouvoir, par sa seule parole, dompter les réalités objectives. Il imagina, en 1854, l'hypothèse d'une Vierge- Mère.

« Afin de mieux caractériser l'indépendance féminine, dit-il, je crois devoir introduire une hypothèse hardie que le progrès humain réalisera peut-être. Si l'appareil masculin ne contribue à notre génération que d'après une simple excitation, dérivée de sa destination organique, on conçoit la possibilité de remplacer ce stimulant par un ou plusieurs autres dont la femme disposerait librement. L'absence d'une telle faculté chez les espèces voisines ne saurait suffire pour l'interdire à la race la plus éminente et la plus modifiable. Ce privilège s'y trouverait en harmonie avec d'autres particularités relatives à la même fonction, où la menstruation constitue surtout une amélioration décisive,

(1) Phil. posit. T. III, p. 322.

ébauchée chez les principaux animaux, mais développée par notre civilisation. — La femme peut donc devenir indépendante de l'homme jusque dans son office physique» [t).

Partant de là, il finit par déclarer que l'utopie de la Vierge-Mère est le résumé synthétique de la Religion positive, et il veut diriger d'après un pareil type toute la vie individuelle et sociale.

On reste stupéfait en face d'une pareille énormité. ("est vraiment pousser un peu loin la liberté de l'hypothèse. Le Catholicisme s'était contenté d'une Vierge-Mère, ne devenant d'ailleurs Mère que par l'intervention divine; dans le Comtisme, toutes les femmes seront Vierges-Mères, ad Libitum, quand il leur plaira. Nous ne prendrons pas la peine de démontrer l'inanité d'une pareille hypothèse, et d'indiquer les conséquences physiologiques et morales qui en découleraient pour l'un et l'autre sexe. Qu'il nous suffise de rappeler le cas du mulâtre, né d'un blanc et d'une noire, ou d'un noir et d'une blanche; il prouve suffisamment que l'acte de la génération n'est pas une simple excitation, ou un simple plaisir à deux, mais une collaboration, où l'action du père est aussi indispensable que celle de la mère.

2° Vie animale.

Parlant des rapports entre la vie végétative ou de nutrition, et la vie animale ou de relation, A. Comte fait une observation importante :

1 Politique positive. T. IV. p. tS.

« 11 est incontestable que dans l'immense majorité des êtres qui en jouissent, la vie animale ne constitue qu'un simple perfectionnement complémentaire, surajouté, pour ainsi dire, à la vie végétative, et propre soit à lui procurer des matériaux, soit même à préparer ou à faciliter ses actes par les sensations, les diverses locomotions., ou l'innervation, soit enfin à le mieux préserver des influences défavorables. Les animaux les plus élevés, et surtout l'homme sont les seuls où cette relation générale puisse paraître totalement intervertie, et chez lesquels la vie végétative doive sembler, au contraire, destinée à entretenir la vie animale, devenue en apparence le but principal de l'existence organique. Mais, dans l'homme luimême, cette admirable inversion de l'ordre général du monde vivant ne commence à devenir compréhensible qu'à l'aide d'un développement très notable de l'intelligence et de la sensibilité, qui tend de plus en plus à transformer l'espèce en un seul individu, immense et éternel, doué d'une action constamment progressive sur la nature entière » (1).

Cette idée de l'interversion des rôles de la vie végétative et de la vie animale est une profonde vérité, digne du Fondateur du Positivisme. Dans le même passage, écrit vers 1835, nous voyons poindre son idée favorite : l'espèce humaine résumée en un seul individu, immense et éternel, l'Humanité. Elle est philosophiquement acceptable, présentée de cette façon; il est fâcheux qu'A. Comte en ait déduit une conclusion qu'elle ne renferme point : la déification de l'Humanité.

Pour en revenir à la vie animale, A. Comte nous enseigne qu'elle est mieux connue que la vie végé-

(1; Phil. posit. T. III, p. 207.

tative, parce que les phénomènes de la vie animale sont plus saillants, plus accessibles, et qu'ils ont de bonne heure attiré l'attention des observateurs. L'irritabilité et !a sensibilité sont les phénomènes élémentaires de cette vie; ils n'ont rien d'analogue dans la vie inorganique, llssont dirigés par les besoins généraux de la vie végétative, dont ils perfectionnent le mode fondamental, sous le contrôle des fonctions intellectuelles et l'impulsion des fonctions morales.

Définition de l'homme. — A ce sujet, il attaque la célèbre définition de M. de Bonald : « L'homme est une intelligence servie pas des organes». La définition inverse lui paraît plus vraie, surtout pour l'homme primitif.

* A quelque degré, dit-il, que puisse parvenir la civilisation, ce ne sera jamais que chez un petit nombre d'hommes d'élite que l'intelligence pourra acquérir une prépondérance assez prononcée pour devenir le but de l'existence humaine, au lieu d'être employée, à titre de simple instrument, pour procurer une plus parfaite satistaction des besoins organiques. »

Sur la première fonction de la vie animale, l'irritabilité, ou contractilité musculaire, nous n'avons trouvé rien de spécial à noter. 11 a émis quelques vues curieuses ou hypothétiques sur la deuxième fonction, la sensibilité.

Sens. — A. Comte trouve que la Physiologie n'a pas assez nettement circonscrit le genre de notions extérieures fourni par chaque sens, abstraction faite de toute réflexion intellectuelle. Les

sensations peuvent se suppléer mutuellement, comme le montre le cas des sourds, celui des aveugles, etc. Mais on oublie trop souvent cette considération, surtout envers les animaux que l'on suppose à tort privés de telle classe d'idées, « par cela seul que l'appareil sensitif auquel nous en devons l'origine, n'est pas chez eux assez développé, sans examiner si quelque autre sens n'a pas pu le remplacer. C'est ainsi, par exemple, que l'odorat a été conçu comme un sens peu intellectuel, à cause de son imperfection dans notre espèce,.... quoique, chez un grand nombre d'animaux, il doive faire naître beaucoup d'idées et de très importantes » (\).

Puis il divise les sens en actifs et passifs, selon que leur action est volontaire ou involontaire. Cette distinction lui paraît très marquée entre la vision et l'audition, celle-ci s'effectuant toujours, même malgré nous et à notre insu, tandis que l'autre exige, à un degré quelconque, notre libre participation.

« L'influence, plus vague mais plus profonde, qu'exerce sur nous la Musique comparée à la Peinture, me semble provenir en grande partie d'une telle diversité. Il existe une différence analogue, mais moins prononcée, entre le goût et l'odorat. »

Enfin il admettra plus tard (2), 8 sens au lieu de 5 : 1 sens général qui est le Tact, et 7 sens spéciaux : la Musculation, la Gustation, la Calorition, l'Olfaction, l'Audition, la Vision et l'Electrition.

(1) Phil.posit. T. III, p. 514.

(2) Robinet, p. 529.

Système nerveux. — Ses idées sur le système nerveux et les fonctions cérébrales en particulier sont vraiment remarquables, à cause précisément de leur étrangeté. Elles forment une théorie complète, fondement de sa théorie intellectuelle et de sa théorie pathologique.

Dans sa I" Lettre à M. Audiffrent.il écrit :

« L'analyse du Système nerveux n'est jusqu'ici que grossièrement ébauchée, d'après la destination, d'ailleurs confuse, entre les trois sortes de nerfs, sensitifs, moteurs et nutritifs. Les premiers ont surtout besoin d'une séparation rationnelle envers les nerfs respectifs de la musculation, de la calorition et de l'électrition, vaguement fondus jusqu'ici dans ceux du tact ».

Il espérait pouvoir combler ces lacunes et il devait donner sa théorie définitive du système nerveux, dans le Traité de Morale positive, soue le triple titre : 1" Fonctions intérieures du Cerveau, 2U Fonctions extérieures du Cerveau, 3° Innervation. La mort ne lui en laissa pas le temps. D'après ce qu'il en a dit en différents endroits de ses Ouvrages ou de ses Lettres, on voit que sa théorie n'est au fond qu'une modification de celle de Gall. Voici ce qu'il pensait de la Phrénologie.

Système de «.ail — Dans sa Philosophie positive (1), A. Comte se déclare partisan de ce S3Stème. Il admet le mot Phrénologie, inventé par Spurzheim, mais à deux conditions : 1° qu'on n'entendra point désigner ainsi une science faite, mais une science à faire, dont les principes ont été jus-

(1) T. Ut, Le>;on XLV, Fonctions intellectuelles et morales.

qu'ici seuls convenablement établis par Gall; 2° qu'on ne prétendra point cultiver cette étude isolément du reste de la Physiologie animale.

Cette célèbre tentative de localisation cérêbrgle. repose, d'après lui, sur deux principes inébranlables : 1° l'innéité des dispositions intellectuelles et morales, 2° la pluralité des facultés essentiellement distinctes, bien qu'elles concourent ensemble dans la plupart des actes. D'où résulte d'après lui. une division nécessaire du cerveau en organes partiels symétriques comme ceux de la vie animale.

Il avait recommandé à Stuart Mill d'étudier, pour se faire une bonne théorie sur les fonctions cérébrales, les ouvrages de Gall. Stuart Mill suivit ce conseil, mais l'effet n'en fut pas tel qu'A, Comte l'avait attendu, et Stuart Mill ne montra aucune disposition à accepter les doctrines phrénologiques. A. Comte lui écrivait à ce sujet :

« La nécessité où Gall s'est trouvé de localiser et sans laquelle, je persiste à le croire, il n'eût exercé aucun ébranlement philosophique, a constitué chez lui une source féconde de vues hasardées ou même fausses, et de conceptions irrationnelles En outre, son insuffisante connaissance de la zoologie et de l'anatomie comparée ne lui a pas permis de lier assez intimement sa théorie cérébrale à l'ensemble de l'étude de l'organisme. Le nombre des organes m'a paru toujours beaucoup trop grand; je ne pense pas, à vue d'ceil, qu'on puisse admettre moins de 10 forces distinctes, intellectuelles ou affectives, sans tomber dane la vaine subtilité des rapprochements métaphysiques, ni plus de 15, sans altérer l'intime solidarité de la nature humaine » (1).

(1) Littré, p. 438.

On le voit, s'il rejette le chiffre des localisations de Gali, il en admet le principe.

« Le vrai principe, dit-il, de cette double décomposition de la nature phrénologique en diverses facultés, et de l'appareil cérébral en différents organes correspondants consiste : 1° à regarder les fonctions intellectuelles et morales comme plus élevées , plus humaines , et en même temps moins énergiques, à mesure qu'elles deviennent plus spéciales aux animaux supérieurs, 2° à concevoir leurs sièges comme situés dans des portions de la masse encéphalique de moins en moins étendues et de plus en plus éloignées de son origine, en considérant le crâne comme un simple prolongement de la colonne vertébrale, centre primitif du système nerveux, en sorte que la partie la moins développée et la plus antérieure du cerveau soit le siège des facultés les plus caractéristiques de Ihumanité, et la plus volumineuse et la plus postérieure le siège de celles qui constituent la base commune de toute animalité » (I).

Système «le Comte. — Partant de ce principe, il annonce, dans sa Politique positive (2) que * (e premier résultat philosophique de sa rénovation finale consiste, le 2 novembre 1846, dans le tableau cérébral d'où date le cours non interrompu de sa seconde carrière publique ».

La découverte qu'il croit avoir faite, consiste seulement en une modification dans les localisations cérébrales de Gall. Il divise le cerveau en 3 régions, la région antérieure ou spéculative, la région moyenne ou active, la région postérieure ou affective. Ces trois régions se distribuent en

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