‹ Auguste Comte, médecinChapitre 7 sur 12 · PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE

§ I. — Pathologie générale.

Sa conviction que le Positivisme devait introduire partout la réforme, et sa manie de systéma-

li Catéchisme positiviste, p. 4.

(2) Robinet, p. 64.

tisalion à outrance portèrent A. Comte à donner une théorie générale de la maladie.

D'après lui le mot — maladie — est un mot singulier, comme celui de santé. Il n'y a pas de? maladies, mais une seule maladie, consistant à ne pas bien se porter ; les prétendues maladies, classiquementdistinguées et séparées, ne sont au fond que de simples symptômes de la maladie. — Or quelle est la nature de la maladie?

« Puisque la santé réside dans l'unité, la maladie résulte toujours d'une altération de l'unité, par excès ou défaut ■des fonctions en harmonie ».

Comme toute conception biologique repose sur une harmonie nécessaire entre les diverses fonctions de l'être et entre l'être et le milieu où il vit, cette altération de l'unité, ce désordre pathologique ce provient du dehors ou du dedans, du milieu ou de l'organisme. A mesure que l'espèce devient plus éminente et plus civilisée, c'est surtout le second cas qui prévaut ».

La source habituelle de la maladie est donc intérieure, et cette source, il la localise dans le cerveau.

« Chez les Occidentaux actuels, même masculins, la maladie doit être attribuée au centre cérébral, qui domine mieux l'ensemble de l'organisme, et d'ailleurs fonctionne davantage. Les altérations émanées du milieu n'acquièrent ordinairement de gravité que d'après leur réaction indirecte sur le cerveau, par les nerfs ou les vaisseaux. Mais on est habituellement trompé sur le vrai siège de la maladie, parce que les symptômes affectent rarement les fonctions cérébrales, sauf les cas de grand danger. Ils con-

-sistent presque toujours dans les altérations que le cerveau troublé détermine sur les autres organes. Vous pouvez ainsi sentir à quel point la Pathologie reste éloignée d'une vraie rationalité, puisqu'elle se trouve forcée d'ériger ces divers symptômes en autant de maladies distinctes, tant qu'elle ne peut diriger l'élaboration, au moins subjective, vers le siège réel » (1).

("est donc, comme toujours, subjectivement qu'A. Comte détermine la théorie pathologique. De preuves quelconques, il n'en saurait être question. A. Comte a fait table rase de toutes les connaissances pathologiques accumulées par les siècles précédents, et des doctrines professées par les Maîtres contemporains, pour mettre à la place une simple vue de l'esprit.

Plusieurs Médecins ont néanmoins donné leur adhésion à cette doctrine, entre autres les Drs Robinet et Audiffrent. Le L)1 Robinet, dans son Ouvrage sur A. Comte, la regarde « comme le dernier bienfait philosophique » du Fondateur du Positivisme.

•a D'après cette conception finale, dit-il, qui forme le complément indispensable de la théorie positive de la nature humaine, et la base de la systématisation rationnelle de la Pathologie, la maladie doit être considérée comme ayant toujours sa source dans !e cerveau et principalement dans les organes des facultés affectives ; les troubles de la vie végétative et animale, que l'on a regardés jusqu'ici comme la maladie elle-même n'en constituant réellement que la réaction corporelle » (2).

L,'unique raison qu'il en donne, c'est que « le

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