‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 10 sur 181 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'ÉCOLE POLTTECHNIQUE (1814-1816).

En 1814, Comte entra à l'École polytechnique.

3. — Esprit de rÉcole. — Cette Ecole, créée par la Révolution, était la première de ce genre, le type des institutions analogues qui se sont établies plus tard en d'autres pays . Elle avait été fondée en 1794 sous le nom à' École centrale des travaux publics. Les élèves ne s'y formaient à aucune spécialité ; ils y recevaient un haut enseignement scientifique et surtout mathématique. L'École jouissait d'une grande réputation de science ; mais, à cette époque surtout, Tesprit révolutionnaire y régnait. C'est là que Comte poursuivit ses études mathématiques avec autant de facilité que de succès, employant ses nombreuses heures de temps libre à la lecture d'ouvrages de philosophie et de politique.

4. — Lectures et études de Comte. — Il lisait volontiers les écrivains du XVIIP siècle, les historiens de la Révolution et les légendes républicaines. Au témoignage de Lonchampt, il avait lu

en 1816 : Fontenelle, Maupertuis, Adam Smith, Fréret, Duclos , et surtout Diderot, Hume, Condorcet, de Maistre, de Bonald, Bichat et Gall *. Ces lectures le firent s'intéresser de plus en plus aux théories sociales. D'un autre côté, l'étude des sciences exactes et positives à laquelle ses devoirs d'état l'obligeaient, lui inspirait peu à peu l'idée de soumettre à la méthode exacte et positive la science sociale. Il fallait cependant quelque temps encore avant que ses idées sur ce point prissent assez de précision pour permettre de les formuler clairement.

5. — Révolution à l'École. Comte en est le chef. L'École est licenciée. — L'étude de problèmes si sérieux dans un âge encore tendre, développa une étonnante maturité chez Aug. Comte qui, au point de vue physique, était resté un enfant et même un enfant assez débile. Ses condisciples et ses maîtres le regardaient comme un prodige. Il avait lui-même conscience de sa supériorité. Ainsi qu'il arrive trop souvent dans les institutions où règne l'esprit libéral, l'École polytechnique, pas plus que le Lycée de Montpellier, ne put dompter l'orgueil et l'indiscipline d'un élève si bien doué. Son insubordination à l'égard des supérieurs, son mépris de la

1. Précis de la vie et des écrits d^Aug, Comte (Revue Occid. mai 1889, p. 285).

JEUNESSE DE COMTE

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