II. — l'école polytechnique
règle devenaient systématiques, malgré les réprimandes et les punitions. Une occasion les fit éclater. Un répétiteur de l'École avait, par des procédés blessants, vivement mécontenté les élèves de première année. Leurs condisciples de seconde année prirent leur parti. D un commun accord ils envoyèrent au désagréable professeur une lettre par laquelle ils lui interdisaient catégoriquement rentrée de l'École. Comte avait composé l'épître; il l'avait signée le premier. Un pareil acte d'insubordination ne pouvait demeurer sans conséquences sérieuses. L'École polytechnique inquiétait le nouveau gouvernement par resprit dont elle était animée : l'École fut fermée provisoirement. Comte, en sa qualité de chef de l'émeute, se vit reconduit par la police à la maison paternelle.
6. — Comte mène à Paris une existence aventureuse. — Les parents d'Auguste regrettaient amèrement les déplorables résultats que leur fils avait recueillis d'une éducation à laquelle la religion était restée étrangère : ils auraient désiré qu'il ne retournât plus à Paris, dans cette atmosphère si différente de celle du foyer domestique. 11 était trop tard. Pour ce jeune homme sans croyance religieuse, imbu des idées républicaines, un plus long séjour dans sa famille devenait intolérable. Bientôt, contre la volonté expresse de ses parents qui se refusèrent désormais à lui ve-
nir en aide, il se retrouva à Paris. Il se créa péniblement quelques ressources en donnant des leçons de mathématiques. Parfois, la situation financière était très embarrassée. Il se soutint quelque temps par l'espoir d'obtenir une chaire de professeur dans un Institut polytechnique fondé à New-York; le général Bernard s'en occul)ait alors activement. Mais le gouvernement des Etats-Unis rejeta la proposition du général. Pressé par le besoin, Comte accepta la place de secrétaire chez le banquier Casimir Périer, devenu plus tard ministre de Louis-Philippe. Au bout de trois semaines, il se brouillait complètement avec son nouveau maître.