‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 131 sur 181 · Système, iv · texte numérisé non relu

Système, iv

reste de la vie. — La première éducation est dirigée par la mère : elle se divise en deux périodes égales.

107. — Éducation de l'enfant et de Tadolescent. — Durant la première période, qui s'étend jusqu'à l'époque de la dentition, on doit veiller au développement spontané des facultés physiques, intellectuelles et morales. Par la vénération dont il entoure sa mère, l'enfant entre déjà dans le culte positif de l'humanité. Depuis la dentition jusqu'à la puberté, il recevra de sa mère un enseignement systématique : il lira les poètes, il apprendra le chant et le calcul. En se familiarisant avec les chefs-d'œuvre de l'art, il se formera à un sentiment plus parfait de l'humanité. Puisque l'évolution individuelle est nécessairement analogue à l'évolution collective de l'humanité, l'enfant est fétichiste jusqu'à l'époque de la dentition; il devient ensuite polythéiste. On le rendra attentif à la transformation qui s'opère dans ses idtes, en le préparant ainsi à concevoir le monde d'une manière positive, c'est-à-dire « relative ».

Durant les sept années qui suivront son « initiation » , l'adolescent fréquentera , sous la surveillance constante de sa mère, les écoles positivistes attachées au temple de l'Humanité. Chaque semaine, il y recevra du sacerdoce une ou deux leçons de dogme. Il doit se bien péné-

trer de ces leçons par la méditation. Dans chacune des sept années de ce « noviciat théorique », on traitera une des sciences qui composent la « hiérarchie ou classification des sciences ». Un tiers de l'année est consacré aux examens et aux vacances. Cette éducation prépare le jeune positiviste au culte systématique de l'Humanité. Ensuite vient le sacrement de r « admission ». — Les jeunes filles doivent, elles aussi, suivre le même cours, du moins dans ses parties essentielles, et tous les enfants reçoivent l'instruction du même prêtre, durant ces sept années consécutives. Le but principal de l'éducation positiviste est d'assurer au cœur la prépondérance sur l'esprit, de former ceux qui y participent, à « vivre pour autrui » ^

108. — Correction des coupables. — Par là, le sacerdoce acquiert une grande influence morale pour la correction des coupables 2. « Le sacerdoce s'efforce principalement de modifier le coupable, en agissant d'?^l)ord sur son cœur, puis sur son esprit ». Si ce pfemier moyen ne réussit pas, il devra, puisque l'éducation positiviste a développé chez tous le sens moral, en appeler au jugement d'autrui, d'abord en reprenant le coupable devant sa famille, ensuite en lui infligeant

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