‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 133 sur 181 · II. DOCTRINE DE COMTE DANS SA DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

II. DOCTRINE DE COMTE DANS SA DEUXIÈME PÉRIODE

positiviste a trois degrés. — Les aspirants, admis à l'âge de vingt huit ans, forment le premier 4egré. Ils reçoivent trois mille francs: une surveillance est exercée sur leurs mœurs et sur leurs travaux. Ils ne remplissent pas de fonctions spirituelles. — La seconde classe comprend les vicaires ou suppléants, âgés de trente cinq ans. Les vicaires renoncent définitivement aux biens temporels, la renonciation faite par les aspirants n'étant que provisoire. Ils sont chargés de l'instruction et de la prédication; pour s'assurer l'iniluence affective nécessaire à leurs fonctions, ils doivent être mariés. Ils reçoivent six mille francs par an ; ils habitent le presbytère philosophique près du temple de l'Humanité, en face des écoles positivistes. — La troisième classe est celle des prêtres, à l'âge de quarante deux ans. Ils ont la charge de conseiller, d'administrer les sacrements, d'exercer le pouvoir spirituel. Leur traitement est fixé à douze mille francs: en outre, ils sont indemnisés de la dépense des voyages qu'ils doivent faire dans leur diocèse. Chaque presbytère est composé de sept prêtres et de trois vicaires. Deux mille temples et autant de presbytères suffisent pour tout l'Occident. Un fonctionnaire spirituel a charge de six mille âmes. C'est grâce à l'appui des femmes et des prolétaires qu'on peut se contenter d'un nombre si restreint de prêtres.

A la tête du sacerdoce est le grand prêtre de rHiimanité. Il réside à Paris, métropole de l'Occident régénéré. Son traitement est de soixante mille francs. On lui tient compte en outre des frais nécessités par Texercice de sa charge. Il a toute autorité sur le clergé. Il nomme lui-même son successeur. A côté de lui sont quatre prêtres supérieurs nationaux, un pour chacune des quatre autres nations civilisées.

(6) La société proprement dite, d'après la religion positiviste {altruisme).

Après avoir ainsi déterminé le principal organe de la religion positiviste, Auguste Comte décrit la manière dont « cette religion exerce son influence sur la régénération de la vie privée, comme de la vie publique » *.

110. — La Vie privée. — La religion de THumanité donne à la vie privée un caractère absolument social. Toute fonction humaine, en effet, quoiqu'elle s'accomplisse dans un organe individuel, est toujours sociale, par sa vraie nature, « puisque la participation personnelle s'y subordonne constamment au concours indécomposable des contemporains et des prédécesseurs ». Tout en nous — vie, fortune, talent, instruction, caractère, biens et avantages matériels, intel-

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