‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 152 sur 181 · IV. ACTION POLITICO-DIPLOMATIQUE d'aUG. COMTE · texte numérisé non relu

IV. ACTION POLITICO-DIPLOMATIQUE d'aUG. COMTE

Ordre qui a Jésus Christ pour centre de son existence, et ceux qui nient la divinité de Jésus Christ, aucune alliance religieuse n'est possible.

Comte se fit rendre un compte exact de l'affaire. Dans une lettre à Sabatier, il manifeste son étonnement de ce que le P. Rubillon soit assez rétrograde pour ne point comprendre qu'Ignace est bien supérieur au Christ ; cependant il ne renonce pas à tout espoir. Il fit aussitôt parvenir au P. Beckx un exemplaire du Catéchisme positiviste^ de V Appel aux conservateurs, et de la huitième Circulaire du 15 Moïse 69 (IS janvier 1857), en demandant qu'on voulût bien étudier son système. En même temps il fit annoncer pour 1863 la publication de son Appel aux Ignaciens. Sabatier prit congé du P. Rubillon avec ces mots : « Quand les orages politiques de l'avenir manifesteront toute l'intensité de la crise moderne, vous trouverez les jeunes positivistes prêts à se faire tuer pour vous, comme vous êtes prêts à vous faire massacrer pour Dieu » *. — L'exemplaire du Catéchisme positiviste, qui portait, de la main d'Aug. Comte, une dédicace « au Général Beckx » {sic) fut, après la prise de

1. Voir Revue Occidentale, imWei 1886, pp. 57-93, où Ton trouvera les documents relatifs à cette affaire ; — Robinet, Notice, p. 276 ; Testament, p. 236 ; Philos, pos. , XII, 313.

Rome, acheté à une vente publique par un certain Tittoni: les feuillets n'en étaient même pas coupés — preuve, ditLaffitte, du peu d'importance que les Jésuites attachaient à l'écrit d'Aug. Comte. Laffitte cherche à excuser et à expliquer l'échec de son maître: Comte, dit-il, avait très bien calculé et très exactement observé pour son temps; mais depuis de Maistre, des modifications s'étaient introduites dans le parti catholique et Comte n'ayant pas renouvelé ses observations, il en est résulté que sa tentative a malheureusement échoué.

En 1855, notre philosophe eut l'espoir de reprendre ses conférences publiques au Palais-Cardinal: il publia même le programme * du Cours qu'il devait y faire sur la « philosophie positive ». Mais la permission attendue ne fut pas donnée. Comte sut vite s'en consoler. En cette circonstance, disait-il, le gouvernement a eu, mieux que moi, le sentiment des convenances. En effet, « soit comme fondateur de la religion universelle, soit comme grand prêtre de l'Humanité, c'est seulement au temple positiviste que je puis dignement développer un enseignement public désormais inséparable du culte, abstrait et concret, que j'ai pleinement systématisé » ^.

1. Ce programme se trouve dans Robinet, Notice^ p. 454; voir aussi Ibid, p. 517.

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