‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 153 sur 181 · AUG. COMTE GRAND-PRÊTRE · texte numérisé non relu

AUG. COMTE GRAND-PRÊTRE

126. — Vie privée du grand-prêtre. — De fait, Aug. Comte consacrait désormais son temps presque exclusivement à ses fonctions de grandprêtre. Comme il n'y avait pas encore de temples publics de l'Humanité, l'autel de Clotilde (voir plus haut n*" 90) dans la demeure du philosophe sanctifiée jadis par la présence de la plus noble personnification de l'Humanité, était devenu le sanctuaire de la nouvelle religion. C'est là que, depuis 1846, il vivait dans une retraite contemplative, n se levait régulièrement à cinq heures du matin et se couchait à dix heures du soir. Chaque jour il faisait exactement les Commémorations dont nous avons parlé plus haut; il expédiait les affaires courantes et consacrait le reste du temps à méditer les « chefs-d'œuvre des poètes », Homère, Dante et Thomas de Kempis. Mais dans la lecture de ce dernier, il remplaçait partout le mot « Dieu » par le mot « Humanité ». L'/mziaiion lui semblait la plus excel-

lente peinture pratique de la nature humaine. Depuis longtemps, il avait renoncé à toutes les « lectures dispersives », journaux, revues, etc. Dans une lettre du 17 septembre 1856, il recommandait à Sabatier de lire chaque matin un chapitre de Vlmitation, chaque soir un chant de Dante; et, chaque année, comme il le faisait lui-même depuis dix ans, le Roland furieux, la Jérusalem délivrée, Homère et Eschyle: il devait aussi s'adonner à la musique. Depuis 1838 Comte fréquentait TOpéra italien. Enfin il donnait ce conseil : « Abstenez- vous scrupuleusement de toutes lectures de journaux ou revues même scientifîqueset des productionsen vogue»*.

Dans ses rapports avec sa domestique Sophie Thomas, qu'il avait adoptée le 18 juillet 1851 et dont il avait fait ainsi son troisième « ange gardien », il trouvait « l'influence féminine objective » nécessaire à son action sacerdotale ^. Mais l'influence régulatrice restait toujours l'influence « subjective » de Clotilde, à laquelle il adressait quotidiennement ses « Commémorations » et dont il allait, chaque mercredi, visiter le tombeau.

11 ne faisait que deux repas. Le premier se com-

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