Revue des Deux Moyides, 1887, t. iv, p
JEUNESSE DE COMTE
Saint-Simon , dans son Mémoire sur la science de Vhomme, expose brièvement quelques idées positivistes en les attribuant à un certain D' Burdin. Ces idées sont les suivantes: 1. Toutes les sciences, tant qu'elles ne sont pas positives, ne reposent que sur des apparences. 2. Les sciences sont successivement devenues positives, d'après leur degré de complexité. 3. L'ordre dans lequel elles sont devenues positives, indique aussi la place qu'elles ont prise dans l'enseignement public. 4. Grâces aux travaux de Vicq-d'Azir, de Cabanis, de Bichat et de Condorcet, la physiologie est sur le point de devenir une science positive. 5. La morale deviendra une science positive dès qu'elle s'appuiera sur la physiologie. 6. La philosophie deviendra une science positive dès qu'elle prendra pour fondement les faits généraux des diverses sciences particulières*. — Mais, tout d'abord, quelques idées détachées ne suffisent point à constituer un système. Ensuite, il est certain que la philosophie de Saint-Simon n'est nullement formée d'après ces idées, Saint- Simon était absolument incapable de développer un système en lui laissant son unité. Que les idées du D' Burdin se rencontrent par hasard dans un livre de Saint-Simon, on n'a donc pas le droit d'en conclure que l'auteur du Mémoire sur