‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 163 sur 181 · YI^ — DERNIÈRE MALADIE ET MORT D AUG. COMTE · texte numérisé non relu

YI^ — DERNIÈRE MALADIE ET MORT D AUG. COMTE

voulait, en vue de la mort du philosophe, régler les intérêts de Madame Comte*.

132. — Derniers jours du philosophe. — A la fin du mois d'août, le malade avait complètement perdu ses forces. Il invita son médecin à lui déclarer franchement ce qu'il pensait d'un tel état. Celui-ci répondit d'abord d'une manière évasive ; mais, le 31 août, il lui exposa par écrit combien la maladie lui semblait actuellement désespérée. « Si chaque mortel », disaitil, « avant de rendre à la terre ses organes corporels, doit se recueillir religieusement et résumer dans le chant du cygne une existence qui s'achève, combien cette grande pensée de la mort ne doit-elle pas être familière et présente aux méditations du philosophe et du prêtre, pour qui le passage à l'immortalité doit encore être un acte de dévouement et d'enseignement social » ! — Comte reçut l'avertissement avec calme, mais il espérait toujours triompher du mal. Il entretint ensuite son médecin de la peine que lui avait causée une récente visite de Littré. « Il avait senti la profonde animosité que

4. Ibid,, pp. 309, 321 et suiv. — Dans le Discours prononcé pour la commémoratioyi funèbre d'Aug. Comie, Robinet parle de Vacte impie qui semble avoir provoqué l'inexorable mort. Peut-être aussi faut-il, dans «cet acte impie», voir r^'aspo^i/ton du positivisme par de Blignières, dont nous aurons bientôt à parler.

nourrissait contre lui cet ancien disciple, et il s'était promis de ne plus le revoir ».

« Laissant alors les préoccupations du présent^ son entretien se porta sur les espérances de l'avenir ». Il parla avec chaleur du grand travail qu'il achevait; il songeait avec enthousiasme à la merveilleuse transformation que sa religion allait produire dans le monde. « L'ardeur et la majesté de son âme », dit son biographe, « enflammaient son regard, transformaient ses traits et sa voix... Avec un sentiment indicible d'enthousiasme et de douleur, de confiance et de désespoir, j'embrassai pieusement ses mains amaigries; c'était la dernière fois que je devais entendre sa parole... Je m'enfuis éperdu, navré par le spectacle de sa décadence physique, exalté par la puissance de sa nature morale, hésitant entre la réalité corporelle et la splendeur cérébrale » *.

133. — Sa mort. — Jusqu'au 4 septembre, l'état d'Aug. Comte resta à peu près stationnaire. Mais le soir de ce jour, il y eut une hémorrhagie interne : Sophie et son mari, qui veillaient nuit et jour auprès du malade, étaient dans la consternation. Comte ne voulut pas qu'on allât chercher le médecin. Le 5 septembre, à quatre heures du matin, « se sentant soulagé, il exigea que ses enfants (Sophie et son mari), qui depuis si long-

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