APRES LA MORT D AUG. C03ITE
taires apprirent à Madame Comte la mort de son mari et qu'ils lui révélèrent le contenu du Testament, elle répondit qu'elle se prononcerait après s'être entendue avec Littré. Le 9 septembre elle déclara qu'elle refusait son consentement. Le 42, elle se rendit dans la maison de Comte pour en prendre légalement possession ; elle accabla de reproches la « fille adoptive » du philosophe, et interdit aux positivistes l'entrée de l'habitation. Les 15 et 16 décembre, elle fit vendre publiquement aux enchères, au milieu des railleries des brocanteurs facétieux, les divers objets du culte positiviste, et les vêtements qui avaient été à l'usage du philosophe. En même temps, son avoué annonçait officiellement qu'elle ne pouvait reconnaître le Testament parce que c'était l'œuvre d'un c< athée et d'un fou ». Tout ce que les positivistes purent obtenir devant les tribunaux, fut qu'on déposât chez un notaire l'héritage littéraire de leur maître. Ils rachetèrent la plupart des objets qui avaient pour eux tant de valeur, et, le 15 janvier 1858, ils louèrent à leurs frais la maison d'Aug. Comte. Le l*''^ décembre 1857, Littré avait ouvert une souscription publique en faveur de Madame Comte, sans mentionner cette circonstance que, par son Testament, le philosophe assignait une pension à sa veuve. De là, de nouvelles discussions entre les deux camps rivaux, d'un côté les disciples orthodoxes du
maître, et de l'autre E. Littré et Madame Comte. 143. — Un procès retentissant. — Plus tard (1870), Madame Comte, avec l'appui et sur le conseil de Littré, engagea un procès pour obtenir la résiliation du Testament sous le prétexte que le testateur était fou. Pour elle, il s'agissait avant tout d'entrer en possession de l'héritage littéraire de son mari, dont le dépôt restait con- .fié à un notaire. A tout prix elle voulait empêcher que les écrits relatifs à Clotilde, sa rivale, et certains autres documents pénibles pour ellemême, — par exemple le billet scellé — ne tombassent entre les mains des positivistes qui, sans laucun doute, n'auraient pas manqué de les publier conformément à la dernière volonté de leur maître. Les débats eurent lieu les 4 et 11 février 1870 devant le tribunal de la Seine. L'avocat de Madame Comte était Griolet; M® Allou plaida pour les exécuteurs testamentaires, et d'Herbelot pour le ministère public.
Gomme il était à prévoir, le tribunal rejeta Taccusation de folie, déclara le Testament valide en tant du moins qu'il ne lésait pas les droits de Madame Comte. Il décida en outre que le fameux u billet scellé » serait anéanti, et que certains passages du Testament, injurieux pour la demanderesse, seraient supprimés. Littré voulut voir dans cette décision un jugement favorable à Madame Comte ; il en publia le compte-rendu