‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 3 sur 181 · Laas, Idealismus und Positivismus^ 3«P, p · texte numérisé non relu

Laas, Idealismus und Positivismus^ 3«P, p

philosophie idéale, unique source de tout bonheur, qui doit amener l'âge d'or du monde et que, déjà, tous les esprits mûris à l'école de l'investigation scientifique, tous les « penseurs énergiques » — c'est l'expression d'A. Comte — ont embrassée ? — Aucun et tous. A part les inventeurs des systèmes cités plus haut, il n'est pas un seul positiviste de marque qui se rallie sans réserve à l'un d'entre eux. Et, de fait, au nom du positivisme lui-même, les positivistes se récusent. Parmi les positivistes p/ii^osophani, chacun, tout en restant aveugle sur les défauts de son propre système, découvre sans peine que les autres sont en contradiction flagrante avec la méthode positive. Quant au commun des positivistes, ils sont beaucoup trop réalistes pour aller se fatiguer la tête à étudier les différentes formes de la doctrine. Ils n'estiment que les réalités sensibles et palpables, qui peuvent contribuer directement ou indirectement à la conservation et à l'embellissement de la vie animale. Pour cette classe d'hommes, aujourd'hui plus nombreuse que jamais, le positivisme n'a de valeur qu'autant qu'il leur permet de donner à leur conception de la vie une certaine auréole scientifique grâce à laquelle, malgré sa banalité très réelle, elle ne fait pas trop mauvaise figure dans le monde des esprits éclairés. Mais cet avantage appartient à tout système positiviste, ou même au positi-

AL'GUSTË COMTE

visme en général, c'est-à-dire en tant que, faisant abstraction de telle ou telle forme particulière, il se limite aux principes communs à tous les systèmes.

Ces points fondamentaux du positivisme sont les suivants: — 1. La méthode positive, c'està-dire la méthode d'observation directe des faits, est la seule qui fasse autorité dans les sciences en général et dans la philosophie en particulier. — 2. En vertu de cette méthode, le suprasensible, l'absolu (Dieu, l'ûme, la substance, l'essence des choses, etc.) sont définitivement bannis du domaine de la science, comme n'étant que chimères, mysticisme, rêveries, imaginations, créations d'un cerveau malade. — 3. L'idée de Dieu est remplacée par l'idée de l'humanité, qui devient le centre unificateur et, pour ainsi dire, le noyau de cristallisation de l'organisation du monde positiviste.

En ce qui concerne la proche parenté, l'homogénéité relative du positivisme et de l'agnosticisme d'une part, et, d'autre part, le droit de priorité du positivisme, nous avons les témoignages très décisif^ des principaux représentants des deux systèmes.

Fr. Harrison, le champion le plus autorisé du positivisme de Comte en Angleterre, affirme expressément que, pour résoudre le problème théologique, l'agnosticisme se place absolument au

INTRODUCTION

même point de vue que le positivisme. Si les positivistes n'ont pas voulu s'appeler agnostiques, c'est par horreur du barbarisme contenu dans ce mot. « Avouons », dit-il, « que, pour répondre au problème théologique, le point de vue des agnostiques est exactement le nôtre... Pourquoi n'avons-nous pas voulu nous appeler comme eux ? Pour cette seule raison que le mot agnostique est un barbarisme {dog-greek) qui signifie « Je ne sais pas », et que nous ne voulons pas nous appeler des « Je ne sais pas ». Cette appellation est absurde, ajoute-t-il ; autant vaudrait que les Chrétiens s'appellent « Non-mahométans », et les Anglais « Non-Asiatiques | ». — Littré, à son tour, constate une étroite parenté et même, sur plusieurs points, une parfaite conformité entre le positivisme et l'agnosticisme. « Nous avons », dit-il, « en Angleterre, une doctrine que j'appellerai, qu'on me passe l'expression, notre cousine-germaine. Elle n'est pas plus accommodante que nous pour le surnaturel et l'absolu, et elle se tient comme nous dans le domaine relatif et expérimental. Mais, au lieu de donner pour base à sa philosophiel'ensemble hiérarchique des sciences positives, ainsi que nous faisons, elle lui donne pour base la psychologie »*.

4. Harrison, Nineteenth Cenlury, 1884, mars, p. 496. 2. Dans la Revue: La philosophie positive, hml. p. 5; Voir

INTRODUCTION

Ce que Liltré et Harrison ont dit, se retrouve clairement affirmé dans les controverses agitées ces dernières années, parfois sur un ton assez original, dans différentes Revues. De tous ces articles, écrits à des points de vue fort divers,, il ressort pleinement que positivistes et agnostiques, tout en se combattant avec éclat et, suivant l'expression de Mallocki, en « se houspiU lant» dans les Revues à la grande joie du public,. « comme des bassets qui se sautent à la gorge»,, professent au fond la même doctrine. Que veut dire, par exemple, Herbert Spencer2 quand il établit cette ditTérence capitale en ceci, que « l'agnosticisme de Comte est négatif, tandis que le sien est positif » ? L'Inconnaissable (Unkno^ wable) de Spencer, cette « Chimwra bombinans in vacuo », comme Harrison l'appelle ironiquement 3, n'a en réalité rien de positif, qui puisse être pris en sérieuse considération par un homme sensé. — Le professeur Huxley déclame, il est vrai, contre la philosophie d'Aug. Comte; mais, d'autre part, il affirme une certaine identité entre le point de vue positiviste et le sien.

Principes de philosophie positive, i^p. 59 et suiv. Comte et Stuart Mill, 1867, pp. 9 et suiv.

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