Philosophie positive, xvii, p
INTRODUCTION
être, les théories du philosophe français. Les articles échangés à cette occasion entre Harrison et Spencer, dans le Nineteenth Century (1884), dans le Times et le Standard, ont été cités et publiés en partie dans la Revue Occidentale^. A propos de l'indignation de Spencer lorsqu'on lui rappela que la priorité des idées fondamentales également admises par l'agnosticisme et le positivisme, appartenait à Comte, Harrison s'exprime ainsi : « Quand on ne fait que répéter ce que Lewes a déclaré si hautement, il y a quatorze ans, dans son Histoire de la philosophie. Spencer ferait bien de ne pas plus s'échauffer que si on l'accusait d'avoir volé une paire de bottes » 2. De tout cela, il ressort clairement que nous n'avons pas tort de regarder Aug. Comte comme le véritable fondateur du positivisme. C'est bien lui, en effet, qui a donné la première et la plus énergique impulsion à ce courant positiviste si répandu de nos jours, à ce point qu'aujourd'hui il envahit tout le domaine de la science, de la littérature, de l'enseignement et de la vie publique. Le rôle prépondérant d'Auguste Comte dans ce grand mouvement intellectuel qui, plus que tout autre, caractérise notre époque, justifie l'étude détaillée que, dans les pages suivantes,
nous allons faire de sa personne et de sa doctrine.
La vie d'Auguste Comte et sa doctrine ont entre elles une étroite corrélation. Suivant une très juste remarque de Laffitte 1 « sa vie a été consacrée tout entière à la systématisation positive de la vie humaine, sociale et personnelle ».
Voilà pourquoi nous ne séparerons pas la biographie de Comte de sa doctrine : Nous les étudierons dans leurs rapports objectifs.
La vie de Comte, au point de vue de sa carrière philosophique, se partage en trois périodes très distinctes. La première embrasse sa jeunesse et son éducation philosophique ; elle s'étend de 1798 à 4822, date à laquelle il posa sa grande loi sociologique, d'une importance capitale pour sa philosophie. La seconde, — celle de la Philosophie positive, va de 1822 à 1842: c'est en 4842 qu'il publia le dernier volume du Cours de philosophie positive. La troisième, enfin, — période de la Politique positive, — de 4842 à 4857, année de sa mort. Cette division est en somme celle qu'a adoptée Laffitte, l'homme qui incontestablement connaît le mieux la vie et la doctrine de Comte 2.
i. 1885, janvier, pp. 88 et ss.