I. CAUSES DE l'évolution PHILOSOPHIQUE DE COMTE
une (^ commémoration » (10 minutes), une « effusion » (7 minutes) et une « conclusion » (3 minutes). Le tout se termine par l'invocation àClotilde, personnifiant THumanité :
Vergina-madre, Figlia del tuo figlio, Amem le plus quam me, nec me nisi propter te, Tre dolci nome ha in te raccolti Sposa, madré, e figliuola ! (*)
Non content de ce culte quotidien, Comte visitait toutes les semaines la tombe de Clotilde. Chaque année, pour le jour de la fête de son amie, il composait, en phrases extravagantes, certaines « effusions » qu'il récitait sur son tombeau. Les litres de ces «effusions» en indiquent la pensée principale : « Reconnaissance, regrets, résignation » (1" effusion après la mort de Clotilde; Testament, pp. 103-120); —«Son éternelle reconnaissance» ! (p. 120); — «Notre identification finale» (p. 126); — «Ton irrévocable incorporation au vrai Grand-Etre » (p. 136) ; — «Ton culte final» (p. 150) ; — « Ton universelle adoration» (p. 165) ; — « Ton incomparable patronage » (p. 181) ; — « Notre état final » (p. 196) ; — « Ta fête normale » (p. 208) ; — « Ta célébration exceptionnelle» (p. 218); — «Ta nouvelle influence » (pp. 230-240). Par son testament^
Comte ordonna la publication de ces « effusions » ainsi que de tous les documents contenus dans le livre intitulé: Testament cVAug. Comte avec les documents qui s'y rapportent.
Ces « effusions » du philosophe reflètent tous les sentiments qui, durant l'année, ont touché son âme. Depuis 1854, il faisait, chaque semaine, une méditation d'une demi-heure dans l'église •de Saint-Paul, en souvenir du mariage spirituel qu'il croyait avoir contracté là avec Clotilde, à l'occasion du baptême dont nous avons parlé *. Son second ouvrage. Système de politique positive, commence par une longue Dédicace à Clotilde ; cette Dédicace n'a pas moins de vingt et une pages, du style le plus exalté. L'œuvre se termine par une Invocation de onze pages, sur un ton tout aussi enthousiaste. Dans le Catéchisme positiviste, — exposé populaire du positivisme religieux, sous forme de dialogue, — les deux interlocuteurs sont le « grand-prêtre » et «la femme», c'est-à-dire Aug. Comte et Clotilde.
Que faut-il penser de cette liaison?
91. — Appréciations diverses sur le caractère de cette liaison. — Comte lui-même compare cet amour à celui de Dante pour Béatrice ; il ajoute que son amitié pour Clotilde est beaucoup plus