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diocre , dans ce monde , nous laisse toutes les chances de bonheur et de tranquillité, tandis qu'un état brillant nous les enlève presque toujours. Je ne pouvois développer cette idée sans la ressource des oppositions : j'ai donc été forcée de renoncer à l'unité d'intérêt. J'ai mis en scène , depuis leur enfance jusqu'à leur vieillesse , deux êtres également bons, honnêtes , spirituels , et possédant chacun ce qu'on appelle un caractère heureux ; en sorte que la différence de leurs destinées naît uniquement de leur différenle situation dans la société. Sans doute, ma première idée est extrêmement triviale ; on l'a traitée de cent
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manières ; mais on pouvoit la traiter encore , puisque les hommes n'en pa* roissent pas convaincus , et que les plus sages négligent d'en faire la règle de leur conduite. D'ailleurs, quelle idée est neuve aujourd'hui ? Contenu' lons-nous qu'elle soit juste, pour lui permettre de servir de base à un ouvrage d'imagination.
Je regrette aussi beaucoup, n'ayant mis en scène qu'un seul de mes compatriotes , d'avoir e'té obligée de le représenter d'une manière peu favorable ; si le caractère que j'ai trace cependant fut jadis éminemment français , on ne le retrouve plus parmi nous j les re'cits de nos vieillards et les
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Mémoires du temps passé , m'ont seuls donné ridée d'un marquis de Préval.
Cette espèce d'homme , qu'on appeloil des roués ^ et dont le brillant maréchal de Richelieu , par exemple , fut si long-temps le modèle, a totalement disparu. Depuis le commencement de notre révolution , des événemens si terribles, des intérêts si majeurs ont occupé tous les esprits ; qu'on rougiroit aujourd'hui de la réputation d'homme à bonnes fortunes; les riches propriétaires, d'ailleurs,' étant devenus fort rares , le nombre des oisifs a prodigieusement diminué ; chacun est maintenant occupé d'une manière quelconque ^ et personne n'a
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le [cmYi5 àc séduire ; car, n'en déplaise à la fatuité', la plus médiocre conquête coûte encore beaucoup de soins.
Il me rcsteroit, sans doute, à de-?
mander grâce pour le foible mérite dé ce roman , le premier que j'écris ; puisque je n'ai encore travaillé que pour le théâtre ; mais je sais bien que ,] s'il présente quelqu 'intérêt , on me pardonnera ses imperfections ; s'il en-' nuie , on ne me pardonnera rien ^ et on aura raisoo.
ET
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