‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 11 sur 178 · LIVRE I. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE II

supérieur, l'ordre du Bain auquel on avait pensé pour lui, le roi d'Angleterre proposa une récompense pécuniaire magnifique; elle fut noblement rejetée. L'ambassadeur d'Angleterre, lord Granville , dut se borner, dans une lettre adressée aux ministres des affaires étrangères et de la marine, à témoigner au capitaine Marceau la reconnaissance du roi Guillaume et de la nation anglaise.

En une autre occasion, moins éclatante mais plus imprévue, Marceau donna une preuve de son sang-froid. Le machiniste du Minos s'élant laissé aller au sommeil, l'eau manqua et la chaudière rougit. On court au commandant. Il ordonne au machiniste de descendre... Épouvanté du péril, celui-ci hésite... Marceau tire son pistolet, le lui met sous la gorge, descend avec lui... En un clin d'oeil il a vu le danger et le remède... Un instant de retard, et un accident terrible avait lieu!

Marceau était né pour les entreprises ardues, pour les luttes difficiles. En temps de guerre, il eût rappelé son oncle ; en temps de paix , tout ■ devenait pour lui un objet de lutte, la vitesse de son navire, la tenue de son équipage, la précision de ses manœuvres. Ceux qui l'ont vu après quelques-uns des triomphes de ce genre, qu'il remporta plus d'une fois dans ses longues courses à travers la Méditerranée, peuvent seuls dire quelle fièvre d'ardeur excitait alors en lui le sentiment de la fierté nationale.

Le 22 octobre 1838, Marceau prit le commuadément du bateau à vapeur le Vautour, attaché aux côtes de l'Algérie. Nous avons dit que sur ce bâtiment il se livra avec une habileté remarquable à d'importants travaux. Le 5 septembre 1841, il fut embarqué sur le vaisseau de 100 le Jemmapes, commandé par son ancien capitaine Legoarant de Tromelin.

Nous touchons aux années où, un horizon nouveau s'ouvrant devant notre ami, il tourna vers le ciel toute son intelligence et toute son ardeur. Quels furent, sous le rapport religieux, les principes et la conduite de Marceau pendant le temps que nous venons de parcourir? On en pourra juger par quelques faits et par ses propres aveux.

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