‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 120 sur 178 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

« l'éclat de ses vertus. Il voulait reconnaître la « sympathie dont l'honorait le ministre, et c'est « pour obéir à ses sentiments de reconnaissance (( et de dévouement sincère , que, ne sachant rien *< de plus beau et de meilleur que de travailler à la « gloire de Dieu, il disait à l'amiral qui le croyait « écrasé sous le poids d'un refus : Amiral , j'en « suis fâché pour vous ! »

a Un soir je désirais connaître par mes yeux « et par mes oreilles ce qui se passait entre l'a- « mirai-ministre et le simple lieutenant de vais- « seau. Rien de plus intéressant que les rôles des (( deux acteurs ; je vous les ai exposés. Biographe « de Marceau , montrez-le nous , il faut nous le « montrer agissant avec le monde et avec le plus « grand monde. Que je regrette de n'avoir pas « été à Brest, quand il promenait princes et prince cesses ! Comme il devait être beau de force et « de vertu , au milieu de cet éclat si frivole !

« Revenons à Paris. Vous savez que par ses « alliances de famille il avait entrée dans les plus « nobles maisons. Partout il était recherché : ses .* « manières, sa tenue simple et sévère, son ins- « truction si variée et cependant si profonde, son ci esprit vif et son caractère devenu si bienveil- (( lant, le font comprendre aisément. Toutes ses « journées étaient prises par les courses et les « visites que nécessitaient les demandes de fonds

« pour l'entreprise de l'Océanie. Chaque soir, a entre dix et onze heures, il arrivait dans ma ( chambre où il complétait sa journée par des « lettres qu'il écrivait, par des envois de médailles « ou d'images, des demandes ou des promesses de « prières. Souvent il m'abordait en me disant : « Que Paris est lourd. Que j'ai hâte d'en secouer '( la poussière de mes pieds! » — Allons! Marti ceau, lui disais-je , la patience doit être la « principale vertu des chrétiens. — C'est vrai , « répondait-il, je ne me corrigerai jamais ; je « veux toujours servir Dieu au gré de mon am- « bition. »

« L'obstacle le plus grand à la conversion des « personnes qui fréquentent la société de Paris, <t obstacle qu'il ne manquait jamais de me sia gnaler, était le milieu même où elles vivent. « Une Parisienne d'un certain monde, me disait- « il, peut faire des sacrifices pour le salut de son « âme; mais celui qui lui paraît pour ainsi dire » impossible, est de rompre avec ses liaisons « habituelles , c'est de sortir du cercle de la so- « ciété où elle vit journellement. »

« Pour satisfaire son zèle dans des visites nom- « breuses et fréquentes, il s'était exercé à marcher « rapidement. Il m'a dit plusieurs fois qu'il était « parvenu à la rapidité d'un fiacre ordinaire. Aussi, v quand il était pressé, il prenait un cabriolet de

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