LIVRE III. — CHAPITRE I
« huit ans. Le grand principe politique, le pre- < mier principe politique d'un prêtre, c'est le ca- *< tbolicisme (1). »
Ayant fait une apparition dans un collège justement renommé, il parla avec tant d'énergie de la beauté de la vertu et de la bassesse du respect humain à quelques jeunes gens de cette maison, que ceux-ci, saisis de vénération pour le vertueux officier, crurent voir et entendre un saint. En le conduisant , un professeur de ce collège lui propose de réciter le chapelet; son intention était de le dire , quand ils seraient à la campagne. Marceau ayant mal compris quitte son chapeau et se met à réciter le rosaire avec son compagnon, en traversant les rues d'un faubourg, aussi recueilli qu'il l'eût été dans sa chambre.
C'est lui qui a fait réimprimer à Lyon le livre De la divine Providence , si petit de format, si grand de choses, et il mit pour condition qu'il se vendrait quelques centimes. Cet ouvrage précieux, dont la doctrine ne respire que Pattache-
(1) Le sens de ces paroles est que sous tous les Gouvernements, même ceux dont on ne pourrait en conscience approuver ou les écarts ou l'origine , le clergé doit surtout et toujours chercher à procurer les intérêts sacrés qui lui sont confiés , c'est-à-dire la gloire de Dieu et le bien des âmes. C'est la ligne de conduite adoptée et suivie par le Saint-Siège. Mais cela ne signifie pas que le Catholicisme soit indifférent aux principes qui régissent la société. Ce serait contre la vérité et la docirine; ce serait immoral.
ment à la volonté du Seigneur, exprime un des sentiments les plus familiers du saint homme , et a été fort goûté des âmes pieuses ; il renferme le secret du bonheur et de la perfection. Déjà, en 1842, Marceau avait rencontré cet opuscule à Nantes. « Je puis vous assurer, dans toute la sincé- « rite de mon cœur, disait-il au commandant Le « Bobinnec , que Dieu ne m'eût-il accordé que la « faveur d'avoir connu ces quelques pages , en « échange des ennuis de toutes sortes qui m'ont « accablé dans le commandement du yacht, je « trouverais cette grâce à bon marché. C'est un « livre d'un prix inestimable. » Dès lors il le répandait, il engageait ses amis, sa mère à le répandre. Il disait n'avoir jamais trouvé une personne qui l'ayant lu n'en eût été toute pénétrée. « Tout ce que cet opuscule renferme , ajoutait-il, « est tellement pratique , tient si intimement au « fond même de la religion, qu'il ne saurait res- « sembler à ces ouvrages qui conviennent à l'un, « sans toucher l'autre. » Il disait que le donner est une des aumônes les plus fructueuses. On ne s'étonnera pas de ces éloges , quand on saura que deux mots résument toute la doctrine de ce livre : Voir Dieu en toutes choses, — En toutes choses se soumettre à la volonté de Dieu. Tel est aussi le résumé de la vie de Marceau.
Cependant, à mesure que l'œuvre commençait à prendre entre les mains de Marceau une tour-