‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 13 sur 178 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

« ras où je me trouvais, dit-ii, me prouva que je « n'avais que des idées vagues de religiosité, qui « ne pouvaient aboutir à rien de pratique (1). »

Mais si Marceau n'avait pas une très-grande estime pour sa nouvelle religion, il n'en avait pas moins une vive horreur pour la foi. Revenant d'Alger, il fut abordé pendant la traversée parun ecclésiastique qui, dans un but de zèle, essaya d'amener la conversation sur le terrain religieux. « Si vous voulez causer sciences, mathématiques, « répondit brusquement Marceau, j'y consens. « En fait de religion, moi j'ai la mienne, gardez « la vôtre. » Et il lui tourna le dos.

Il était tellement endurci dans son incrédulité

(1) On lit dans l'auteur de l'Église romaine en face de la révolution : « Les premiers disciples de Saint-Simon, les or- « ganisateurs de son système sont : Auguste Comte, Enfan- « tin, Michel Chevalier, Olinde Rodrigues, Augustin Thierry, « Fortoul, d'Eichthal, Stéphane Flachat, Rigault, Félicien Da- « vid, Fournel, Carnot, Luquet, Pierre Leroux, Laurent de « l'Ardèche, Jean Reynaud, Emile et Isaac Péreire, Marceau, « Charles Duveyrier, Barrault, Margerin, Dugicl, Cazaux, « Bazard, Broé, Louis Jourdan, Guéroult, Saint- Chéron... » L'auteur ajoute : Plusieurs saint-simoniens revinrent très-sincèrement au chrislianisme; quelques-uns même embrassèrent l'étal ecclésiaslique. (Tome II, liv. iv, p. 257-271.)

Le père suprême. Enfantin, est mort au mois de septembre 1864. Sa mort a achevé la complète disparition de la secte saint-simonienne, dont les idées et l'influence ont singulièrement contribué, depuis 1830, à favoriser dans la littérature les doctrines immorales, et dans les affaires les excès de l'industrialisme et de la spéculation.

qu'au milieu d'une tempête horrible où il se vit sur le point de périr, le nom de Dieu, la pensée du ciel, de l'enfer, le moindre doute sur ce qui attend l'homme après sa mort, ne vinrent pas même s'offrir à son âme. Seulement il pensa à sa mère. C'est lui-même qui l'avoua lorsqu'il fut revenu à la foi.

Mais il n'y a rien de plus crédule qu'un incrédule, l'histoire en fait foi. Alors se trouvait à Paris la fameuse diseuse de bonne aventure, Mlle Lenormand. L'antre de la sibylle qui se prétendait en communicatic avec le génie Ariel était situé dans la rue de Tournon,au fond d'une cour. C'est laque, pendant un demi-siècle, à la honte de celte époque, ont afflué une foule d'hommes fameux à plusieurs titres. M"e Lenormand avait été consultée non-seulement par Mirabeau, Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint-Just, Barras, Garât, mais encore par Mme Talien, Joséphine de Beauharnais, Napoléon, Louis XVIII, plusieurs souverains d'Europe dont elle possédait des lettres confidentielles. Marceau qui, aurait rougi de chercher des éclaircissements auprès des ministres d'une religion âgée de dix-huit siècles et ornée de la triple couronne de l'apostolat, du martyre et de la science, se rendit sans rougir chez une sorcière, et ce qu'elle lui dit parut lui avoir fait beaucoup d'impression. Il est vrai que de tels actes n'engagent à rien.

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