‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 134 sur 178 · LIVRE III. - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. - CHAPITRE I

gieuse qui a l'honneur de porter ce nom auguste Le supérieur général des prêtres Marisles accéda d'autant plus volontiers à ses désirs, qu'il était pénétré d'une profonde estime pour le saint officier, et fort touché de le voir se dévouer si généreusement à ses enfants d'Océanie. Il n'aurait même eu qu'un mot à dire pour faire entrer Marceau dans le noviciat de la Société de Marie; car celui-ci se mettait à sa disposition. Mais ce mot, il aurait fallu avoir bien peu d'esprit catholique ou être bien assuré de la volonté du Seigneur, pour le prononcer. Un religieux d'une autre congrégation fut moins réservé : Marceau se défia de ses empressements qui ne lui parurent pas inspirés par l'esprit de Dieu.

A cette époque on eut une occasion d'admirer la charité du lieutenant de vaisseau. On parlait devant lui d'une personne que les protestants venaient d'acheter à leur secte, et qu'ils allaient envoyer à Alger. Elle avait déjà reçu dans cet ignoble marché cinquante francs d'arrhes. Un prêtre faisait des efforts pour la détourner de cette infâme apostasie, et elle était ébranlée. Mais il fallait pouvoir rembourser la somme. Marceau ouvre aussitôt sa bourse, et offre cinquante francs.

Voyant que Lyon commençait à lui donner des espérances, Marceau part, traverse Saint-Chamond, ville si dévouée à toutes les bonnes œuvres, où d'un seul coup il obtient de nombreuses adhésions

et des souscriptions pour une somme d'environ vingt mille francs; va à Saint-Étienne où il jette en passant quelques semences de propagande; à Monlbrison, où M. Crozet, curé de Notre-Dame, met à sa disposition toutes les ressources de son zèle; à Clermont, où MST l'Évêque le reçoit à bras ouverts et lui promet de recommander cette noble entreprise à tous ses prêtres ; et il reparaît à Lyon, très-peu de jours après. Car autant il était prudent et lent pour combiner ses mesures, autant il était prompt dans l'exécution, quand était venu le moment d'agir. Il se serait reproché alors de retarder l'œuvre de Dieu et le salut des infidèles. Il avait toujours devant ses yeux ces quinze millions de sauvages qui lui tendaient les mains, et lui disaient : Hâtez-vous : nous périssons; et vingt-quatre heures employées pour sa satisfaction personnelle lui eussent semblé un vol fait à l'Océanie. Nous l'avons souvent entendu parler en ce sens, et nous savons même que, pour ce motif, il renonça au pèlerinage d'Ars, malgré le désir qu'il avait de connaître l'homme admirable qui a illustré ce hameau autrefois si obscur.

Mais il était un grand voyage où sa foi, où son cœur, où le désir de bien s'assurer de la volonté de Dieu l'entraînaient. Rome vers laquelle se tournent tous ceux qui sont catholiques, Rome que tous les hommes apostoliques interrogent, quand ils veulent agir, pour savoir ce que pense Jésus-

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