‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 141 sur 178 · LIVRE III. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE I

« à cet égard. Je vous conjure, si multipliées que « soient vos occupations, de daigner y dérober une « demi-heure et m'accorder une réponse; quelle « qu'ellesoit, j'en serai reconnaissante, convaincue « que je suis , que vous agirez selon le bon plaisir « de Dieu. Si cette réponse est négative, je serai a affligée mais soumise. Si c'est au contraire une « promesse de me recevoir, mes réflexions sont « faites ; elles sont définitives.

a Maintenant, Monsieur, il ne me reste qu'à « adresser au ciel des vœux pour le succès de votre « sainte entreprise. Soyez assuré que, si je n'ob- ( tiens pas le bonheur de partager vos périls et * votre gloire, je vous accompagnerai de mes a prières et de mes regrets, et j'attendrai, avec « la plus vive impatience, des nouvelles de ce a précieux navire. »

Marceau engagea M"e Perroton à prendre conseil auprès d'hommes graves , et consentit à la recevoir, à condition qu'elle aurait leur autorisation. Elle eut bien soin de ne pas consulter le supérieur général de la Société de Marie; on lui avait dit que sa demande l'embarrasserait, et que se trouvant chargé de l'Océanie occidentale, il ne pourrait, très-probablement, par un sentiment de désintéressement et de délicatesse, lui conseiller d'aller dans des missions si lointaines et si périlleuses. Elle s'adressa aux Révérends Pères Capucins et aux Révérends Pères Jésuites qui recon-

nurent dans ses désirs le mouvement de l'Esprit- Saint. Elle se concerta donc avec Marceau, dans le plus grand secret, et s'éloigna de Lyon sans faire connaître son dessein; elle ne fit pas même ses adieux à son frère, qu'elle aimait tendrement. « Il me semble, disait-elle, que si je le faisais, « je n'aurais point de mérite en m'embarquant. » Comme on cherchait à l'épouvanter par les privations et la vie de sacrifice qu'elle aurait à endurer, elle répondit : « A-t-on ouï dire que quel- « qu'un des missionnaires soit mort de faim? Us (( vivent : je pourrai donc vivre aussi. »

A son retour, Marceau disait : a Ce n'est pas « une femme que j'ai emmenée, c'est un homme. « Pendant tout le voyage, elle n'a pas fait pa- « raître la plus petite faiblesse (ce qui est éton- « nant même dans un officier, même dans un « missionnaire); et elle était sur ce bâtiment « sans cesse occupée, comme si elle eût été dans a ses appartements, ou de son travail, ou d'œu- « vres de charité. Elle a eu à son arrivée de rudes « croix, de lourdes épreuves; son âme n'a jaa mais fléchi. A Wallis, elle fait un bien immense « aux personnes de son sexe et à toute l'île; a mais afin d'augmenter ses souffrances et ses « mérites, Dieu lui a mis un voile sur les yeux, « de sorte qu'elle ne voit pas ce bien, et se croit « entièrement inutile à la mission. »

Marceau écrivait encore : « Qu'a pu faire

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