LIVRE III. — CHAPITRE II
« fois le ciel est azuré ; une brise légère nous « pousse sans violence; nous filons huit nœuds à (f l'heure. Tous les visages sont épanouis, nous « comprenons que notre bonne Mère nous a exau- « ces, et nous chantons tous avec l'Église : Con- « ceptio tua, Dei Genitrix Virgo, gaudium annun- « tiavit universo mundo. Votre conception, ô Vierge « Mère de Dieu, a été une aurore de joie pour tout « l'univers. »
Marceau rendant compte des premières courses du navire, écrivait : « Je vous réponds que « Mgr de Hercé a donné une bonne bénédiction « à notre Arche à Nantes ; elle devait en, avoir un a très-grand besoin bientôt. Le bâtiment a été « plusieurs fois en voie de se perdre; le temps a « été affreux pendant plusieurs jours. »
Ordre établi a bord par le commandant. — « Avant d'aller plus loin, écrivait un mission- « naire, je dois vous dire un mot de notre genre « de vie à bord de Y Arche d'alliance. Le lever, « fixé de quatre heures à quatre heures et demie, « est suivi de la prière en commun. C'est M. le a Commandant qui la fait, et les plus pressantes a occupations ne l'en détournent pas , depuis le « jour où il a été porté au Havre sur les rôles de « la marine comme capitaine de Y Arche d'aïa liance. Spectacle émouvant de voir agenouillés « soir et matin, autour de leur chef, ces vieux
« matelots à barbe grise , qui ont bravé tant de
« fois la tempête ! Un grand nombre portent à leur
« cou le scapulaire et la médaille de Marie conçue
« sans péché. Plusieurs communient souvent; il
« y en a parmi eux qui ont le projet de se dé-
« vouer entièrement au service des missions étran-
« gères. Le Commandant, le lieutenant, le doc-
« teur et quelques passagers , sont des modèles
t de piété; ils font oraison tous les jours, récitent
« chaque soir le chapelet et communient plusieurs
« fois la semaine. M. le Commandant approche
a tous les jours de la sainte table. Après la prière
« viennent (pour les missionnaires) les confé-
« rences spirituelles et autres exercices de piété,
« puis la messe. Depuis la Conception, nous avons
« été rarement privés du bonheur de la célébrer.
« Les jours ordinaires, il y a deux messes, et
« quatre les dimanches et les fêtes, savoir : deux
« le matin, une grand'messe à dix heures, suivie
« de la bénédiction du très-saint Sacrement, et
« une dernière messe pour consommer les saintes
« hosties. Les dimanches nous chantons les Vê-
« près à trois heures; elles sont suivies d'une ins-
« truction à laquelle assiste tout le bord, et la cé-
i rémonie se termine par la bénédiction avec la
« vraie croix. Nous déjeûnons habituellement à
« neuf heures. Puis récréation et études. A quatre
« heures le dîner, conférence dogmatique aux
a jeunes pilotins, et catéchisme aux matelots. A