‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 18 sur 178 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

qu'il avait eu de grandes passions, qu'il les avait toutes, qu'il les avait au plus haut degré.

Quel est l'homme du monde qui, dans ses loisirs, ses insomnies ou ses enivrements coupables, n'a pas fait des rêves de fortune? Quand Marceau rêvait ainsi, il se représentait devenant soudain possesseur d'immenses richesses et les épuisant d'un seul coup, dans une brillante fête de nuit, où les magnificences du luxe seraient poussées aux limites extrêmes du possible.

L'Écriture compare aux animaux sans raison ceux qui, penchés vers la terre, n'ont d'autre règle de conduite que leurs instincts ou leur caprice. Durant la grande campagne de Marceau en Océanie, un officier âgé de 35 ans ayant dit devant lui : « A 35 ans, on n'est plus un enfant, « on a l'âge de se conduire, » le commandant de l'Arche-d' Alliance repartit sur-le-champ : « Pour « moi, à 35 ans, je n'étais qu'une bête. » L'officier fut stupéfait.

Voilà l'homme que la foi avait à subjuguer... Libertinage plus ou moins secret, ignorance entière en matière de religion, préjugés hostiles, orgueil sans frein fortifié par les talents et le naturel, caractère indomptable... Tel était Marceau en 1840. Ce ne sera pas assurément sans de grands coups de la grâce, sans de grands efforts de la volonté, que se remportera la victoire.

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