LIVRE IL — CHAPITRE I
« vos lectures.»Il me dit qu'il suivrait mon avis, « et sur cela nous nous séparâmes. »
Cependant cette conversation avait frappé Marceau. Son âme souffrait.
ot Je l'avais perdu de vue depuis assez longce temps, dit un autre officier, lorsqu'un matin je « le vois tomber à bord du Triton où j'étais émet barque, et à peine les premiers bonjours échan- « gés, il me tire à part et me dit : « Mon ami, « vous êtes chrétien, et je sais que vous ne l'avez « pas toujours été; je viens vous demander pource quoi vous l'êtes; car enfin, j'ai pensé qu'ayant « une certaine intelligence, vous deviez avoir « quelque bonne raison pour croire. Je ne m'en- « gage à rien; mais je cherche la vérité. » — Une « de mes premières paroles, je m'en souviens, « fut sur la nécessité des mystères, et je lui « ajoutai qu'il y a, dans la pratique même de l'É- « vangile, une lumière qui porte la persuasion « dans l'âme (1). Notre-Seigneur, lui ajoutai-je,
(1) Notre-Seigneur a dit : « Si quelqu'un veut faire la volonté « de Dieu, il connaîtra si ma doctrine vient de Dieu. » (Évang. selon saint Jean, chap. VII, f. 17.)
La princesse Amélie de Galitzin cherchait avec ardeur la vérité. Ayant trouvé ce texte dans l'Évangile de saint Jean, elle bondit de joie et s'écria -. « Non , jamais aucun sage qui .< ne fut qu'un homme, n'a parlé ainsi ! Aucun sage n'a soumis « sa doctrine à une pareille épreuve. » Elle redoubla de prières et bientôt après fut toute à Jésus-Christ. ;(Rapporté par le comte de Stolberg).
« n'a pas parlé en philosophe qui cherche à faire « une école et à bâlir un système par des raisons « étudiées; il a parlé en Dieu et avec l'autorité « d'un Dieu qui enseigne la vérité , et qui sait qu'il « donne, pour la connaître, à sa créature, la « grâce, si elle veut ne pas la repousser. Il a a dit : Goûtez et voyez, et non : Voyez et « goûtez (1).
— a Mais alors, me dit-il , comment voulez - « vous que je croie une chose que je ne connais « pas?
— a Oh! lui répondis-je, s'il ne s'agit que de « vous exposer les articles de la foi, la chose est « facile. Il vous sera facile aussi de votre côté, « avec de bons livres, de vous rendre compte des « motifs de crédibilité sur lesquels cette foi re- « pose. Mais, avant tout, souvenez-vous que la « foi est un don de Dieu. Quand les anges annona cèrent la venue du Messie, ils criaient dar.s « les airs : Gloire à Dieu et paix aux hommes de a bonne volonté! Il faut que vous aussi, vous soyez
(1) Aimer c'est voir, a dit saint Augustin. (Voir Pensées sur le Christianisme, de Droz, membre de l'Académie, mort à Paris le 9 novembre 1850, et qui, après avoir été incrédule, àevint, dans les dernières années de sa vie, francbement chrétien et catholique.) Cet ouvrage, aussi substantiel que court, est empreint d'une grande modération.
« Quand Notre-Seigneur envoya ses apôtres, il leur dit : « Ite, docete omnes génies, ce qui ne veut pas dire : Allez, ar- « gumentez toutes les nations. » (Hue.)