‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 27 sur 178 · LIVRE II. - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. - CHAPITRE I

Toutefois, fidèle à la parole donnée à l'officier du Scipion, et pressé par la grâce du Sauveur, Marceau désire, malgré les soulèvements qu'il éprouve , étudier cette religion qu'il a jugée si mal et qui pourrait bien être la véritable.

Apprenant que M. l'abbé Gilbert, vicaire de Sainte-Marie de Toulon, avait fondé une bibliothèque catholique, il va le trouver, et d'un air fier et hautain, mais qui décelait le combat de son esprit, il lui demande quelques livres sur la religion catholique. — « Quel livre désirez- vous, Mon- « sieur? » — «Je n'en connais point, j'en voudrais « un qui traitât la question à fond. » — Alors le vicaire lui remet la Démonstration évangélique de Duvoisin, évêque de Nantes, mort en 1813; ouvrage solide et profond, qui a le mérite de réunir en un petit volume et de présenter avec ordre , clarté et précision ce qui se trouve épars dans un grand nombre de livres; traité très-utile aux incrédules qui le sont par préjugé et sans s'être donné la peine de l'examen.

Marceau, dévoré par le besoin de calmer ses troubles et ses remords , se met à le lire; mais plutôt pour en saisir le côté faible que la vérité. On aurait dit qu'il redoutait cette vérité divine qui devait cependant lui apporter tant de paix et de bonheur.

Il ne cédait d'ailleurs qu'avec une certaine honte au conseil qu'on lui avait donné; car jusque-là, on

s'en souvient, les enseignements du catholicisme avaient été à ses yeux des fables propres aux esprits faibles, et ses pratiques, des grimaces à l'usage des bonnes femmes. Se mêler par la simple lecture à toutes ces inepties, c'était, suivant lui, un déshonneur et une petitesse. Aussi est-il singulièrement étonné de trouver tant de force dans les raisonnements. A mesure qu'il avance , il est subjugué. Mais lorsqu'il arrive au chapitre "VI, qui traite de la vérité de la résurrection de Jésus- Christ, c'est surtout alors qu'il sent sa raison terrassée; il ne sait que répondre à l'évidence du fait qui prouve invinciblement la divinité de Jésus-Christ, et comprenant fort bien qu'une fois cette vérité admise il faut admettre le catholicisme tout entier, il ferme le livre en disant : « Je

a finirais par croire toutes ces sottises ! » Mais

Dieu poursuivait son œuvre.

Sur ces entrefaites entra chez lui un officier de marine, bon chrétien et son ami, qui, remarquant ce livre , lui en témoigna son étonnement et sa joie. — « Vous étudiez donc la religion, Marceau? « Que pensez-vous de cet ouvrage? — Il est bien, a répondit-il d'un air embarrassé. — Alors vous o êtes des nôtres?» Aces mots Marceau rougit, garda le silence et finit par avouer la vérité. — « Comment, repartit l'officier..., vous agiriez « ainsi? Mais ce serait une lâcheté. Ce que vous « avez lu est vrai ou faux ; si c'est vrai, vous devez

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