LIVRE II. — CHAPITRE I
« Elle eut pour moi les bontés d'une mère, et « me voyant dans un état presque désespéré, elle « ajouta la prière aux prescriptions des méde- « cins. Elle me recommandait à toutes les cornet munaulés, et dans son humble et naïve confiance « à la Mère de Dieu, elle fit mettre dans mon lit « une médaille bénite. Lorsque je fus guéri, et « qu'après un congé de six mois je revins lui « faire mes adieux et mes remercîments avant « de partir pour l'Orient, elle me remit une mé- « daille de la sainte Vierge, en me priant de la « conserver. Je la pris et je la mis au milieu de « mes hardes; elle y est toujours restée, et m'a « suivi partout. Or c'est ce souvenir qui s'est of- « fert à moi immédiatement, à la première prière « que j'ai faite. J'allai de suite au tiroir de mon « secrétaire, dans lequel elle élait ensevelie; je la « mis au cordon de ma montre, et je la portai « sur moi. Dès ce moment, chose étonnante! je « me suis senti entraîné dans les voies de la relift gion avec une facilité merveilleuse et sans « éprouver ces difficultés qu'ont la plupart des « hommes de mon âge. Tu comprends , bonne « mère, que je ne suis pas devenu bon pour cela; « c'est une affaire de temps et de volonté pour « moi. Mais j'ai avancé très-rapidement dans la « croyance, et enfin fai renoncé sans peine à « beaucoup de choses. Puis , quel n'a pas été mon « étonnement, lorsqu'en lisant un certain livre,
« intitulé : Manuel de V ' Archiconfrérie du Saint et « Immaculé Cœur de Marie, j'ai vu que celte as- « sociation a été fondée à Notre-Dame des Victoire res , à Paris, à la môme époque où je tombai <! malade, en 183G; que les prières des associés u ont obtenu des miracles de conversion et de « guérison , dans des cas désespérés d'irrélipion « ou de maladie; et qu'enfin tous ceux qui en « sont membres doivent porter la médaille, dite « miraculeuse à cause de son origine. Pour moi , « il n'y a pas le moindre doute, bonne mère, « j'ai été protégé, d'une manière toute spéciale, « par la sainte Vierge (et toi aussi), et c'est à « Elle que je dois le changement qui s'est opéré « en moi; et cette protection, je l'ai due encore « aux prières des cinquante et quelques mille a membres de l'Archiconfrérie, dont je faisais « comme partie, grâce à cette bonne dame de « Vauguyon(l). Aussi n'ai-je pas hésité à écrire « de suite à Paris, pour me faire inscrire parmi « les membres de l'Association. C'est sans doute « un fort petit acte d'hommage; mais Dieu est « riche en miséricorde; il nous est tenu compte « là-haut de tout avec libéralité, si mince que ce « soit. On n'a pas besoin là de pairs de France ni « de députés pour être récompensé d'une ma- « nière bien au-dessus des mérites. »
(1) Aujourd'hui (1882)on peut porter à 25 millions ïe chiffre des associés (M. V. Dumax.)