‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 35 sur 178 · LIVRE IL — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE I

« s'étanl tourné vers moi, et présentant la sainte « hostie , je me mis à trembler d'émotion et de « respect, j'entrai en transpiration, et je reçus, « avec une véritable foi , le corps de notre divin « Sauveur. Je fus seulement un peu triste de ne « pas ressentir une ferveur plus sensible; mais je « dis à Dieu : Que votre volonté soit faite et non « la mienne ! Ensuite je fis mon action de grâces; « et comme je me plaignais humblement à Marie, « de ne pas éprouver un amour assez vif pour son « divin Fils, je sentis tout à coup mon cœur se « dilater et des larmes de reconnaissance mouille 1er mes paupières. En cet instant, j'étais aussi « détaché de la terre qu'il soit possible de le con- <t cevoir, et je vis clairement la vérité éternelle' « Ce mouvement fut rapide, mais rempli d'une « grande joie. Je passai le reste du jour, enfermé « chez moi, occupé à prier ou à écrire. »

Ce rayon descendu du ciel éclairera désormais toute la vie de Marceau !

Nous empruntons plusieurs circonstances de notre récit au cahier que le nouveau chrétien avait fait dépositaire de ses sentiments, soit afin de se rappeler les grâces du Seigneur, soit afin de fixer davantage ses résolutions. Le lecteur doit en être averti, pour qu'il ne s'étonne pas d'entendre Marceau parler de lui-même. Du reste, ce ne sera pas la seule fois que nous puiserons , dans ce cahier intime, de précieux documents. Il est inutile d'a-

jouter que nous avons respecté cet écrit et les autres qui nous ont été confiés, et n'avons fait que de légères corrections, impérieusement commandées quelquefois par la prudence.

« Il y avait peu de mois que j'avais quitté Mar- « ceau pour aller commander un autre bâtiment, « dit l'officier qui, le premier, lui parla de reli- « gion , lorsque , me trouvant à Toulon chez « M. l'abbé Marin, aumônier des bagnes, il nomma « mon ancien camarade. Je le regardai avec « étonnement. Quel Marceau? lui dis-je. — Hé « bien! Marceau, l'officier de marine. — Marceau « le lieutenant de vaisseau? celui qui était embara que sur le Scipion ? — Justement... C'est un bon « chrétien. — Ma surprise égala mon contente- « ment, et peu après rencontrant Marceau, je lui « demandai s'il était vrai qu'il eût fait ce grand « pas. Il me le confirma sans embarras, avec ce « ton posé qui lui était si habituel . — Gomment « cela s'est-il fait? lui dis-je. — Hé bien ! j'ai fait « ce que vous m'avez dit '.j'ai lu , j'ai prié, et le « ciel a fait le reste. »

A tous ceux qui veulent revenir comme lui à la vérité ou à la vertu, on peut répéter aussi : Lisez, réfléchissez, priez; Dieu fera le reste.

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