LIVRE II. - CHAPITRE II
« les quitter : Je serai toujours au milieu de et vous. Il faut en conclure que les doctrines de « l'Église sont toujours inspirées par . Jésus et « croire à ce qu'elle enseigne. »
Divinité du Christ, autorité et infaillibilité de l'Église (Marceau l'avait compris), tel est en effet le double fondement de la croyance. Ces deux vérités reconnues, il ne reste plus qu'à écouter et à se soumettre.
« 0 ma bonne mère, ajoutait-il, en s'adressant « ensuite à son cœur, écoute-moi; moi en qui « tu as confiance, moi qui ai été bien loin de la « vérité, bien loin de la religion catholique; moi, « qui aujourd'hui y crois par ma raison, mais qui « ne suis pas encore assez heureux pour y croire « de cœur, et aimer Dieu comme je le voudrais. « Écoute ton fils autrefois incrédule. » Et il lui parlait des études consciencieuses qu'il venait de faire, des écrits savants qu'il avait approfondis eU des convictions qu'il y avait puisées (1).
Peu après qu'il eut connu l'enseignement de l'Église sur le rôle que joue l'esprit de mensonge dans l'affaire de notre salut, Marceau expliquant par l'intervention de cet ennemi de Dieu et des
(1) Aucune religion, excepté une, ne peut supporter l'épreuve de la science. La science est une espèce d'acide, qui dissout tous les métaux, excepté l'or. J'en jure par l'Étemelle Vérité, et nulle conscience européenne ne me contredira : la science et la foi ne s'allieront jamais hors de l'unité. (De Maisfre.)
hommes les difficultés, les hésitations de sa mère, l'en prévint promptement et l'engagea à résister par la foi. « Le mauvais esprit, disait-il, cherche « par tous les moyens à conserver ses sujets, et « nous sommes de son empire. C'est lui qui nous « inspire ces oppositions. 11 redouble surtout « d'activité et multiplie ses manœuvres autour « des âmes qu'il voit sur le point de lui échap- « per, et il retarde, par mille prétextes, la réso- « lution que nous prenons de nous rapprocher de « Jésus-Christ. Ne nous laissons pas aller à des « considérations toutes mondaines. Bonne mère, « Dieu a été prodigue d'avertissements pour nous, « et il se lasserait de nous avertir. »
Il rappelait sans cesse à sa mère la perte de l'enfant qui lui était si cher, et il trouvait dans cet événement mille motifs de revenir aux pratiques religieuses. « Dieu nous a frappés trop ru- « dément pour ne pas nous aimer!... disait-il. « — Ahl oui, trop rudement, répliquait la mère « de Marceau au désespoir. Je ne puis m'empê- « cher de murmurer contre lui, de ce qu'il nous « a pris par un endroit si sensible. — 0 ma « bonne mère, répondait Marceau, réfléchis un « peu, et tu verras que nous ne devons pas murce murer. Avions-nous assez eu de traverses dea puis vingt ans? Ne m'as-tu pas dit toi-même a qu'un jour tu avais cru ce pauvre Georges mort ce sur tes genoux, à la suite d'une convulsion? Il