‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 41 sur 178 · LIVRE IL— CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL— CHAPITRE IL

« dire à sœur Marie qu'elle a failli me faire pé- « cher par orgueil, en vous faisant une telle re- « commandation. Heureusement que je me souci viens d'avoir été si paresseux autrefois pour « écrire, qu'en voyant aujourd'hui mes longues « correspondances je ne puis méconnaître que « c'est la grâce seule qui agit en moi ; et, s'il y a « quelque chose de bon dans les feuilles que je « vous envoie, je ne suis qu'un pauvre secré- « taire qui écrit sous la dictée d'un plus savant a que lui. »

A. cette réflexion de Marceau , qu'il nous soit permis d'enjoindre une qui nous a frappé, lorsque nous parcourions sa correspondance. En comparant les lettres brèves, saccadées, un peu sèches, écrites à sa famille avant son retour à Dieu , avec les lettres multipliées, immenses, toutes détrempées de tendre amitié, qui ont suivi sa conversion, nous nous souvenions involontairement que S. Paul qualifiait les philosophes qui avaient ignoré Jésus- Christ de gens sans affection, sine affectione. Cette parole, sans doute , ne s'applique pas dans toute sa rigueur à Marceau , qui fut toujours fils respectueux et frère dévoué; néanmoins, elle a servi à nous expliquer comment la religion avait subitement développé avec tant d'énergie cette puissance d'affection dont nous admirions les effets, et dont il a répandu avec profusion les trésors surtout ce qui sortait de son cœur et de sa

plume. Ah! oui, la foi est une source de charité!

La sœur de Marceau, Mme de la Pinsonnière , qui avait eu le malheur de suivre les exemples d'indifférence religieuse que sa mère lui avait donnés, semblait hésiter à la suivre dans son retour aux pratiques chrétiennes, malgré les pressantes, les tendres exhortations de notre ami. La piété l'effrayait, elle éprouvait du dégoût pour la prière ; le service de Dieu lui paraissait un chemin plein d'épines. Écoutons les conseils que trouvait Marceau dans sa foi pour triompher de ces obstacles et faire cesser les hésitations de cette sœur bienaimée. 11 écrivait de Toulon, le 3 novembre 1841, à sa mère.

« Ce que tu me dis, ma bonne mère, de la défi votion que tu as toujours conservée pour la « sainte Vierge, au milieu même de ton indiffé- « rence, vient s'ajouter à ce que je pensais de la « protection toute spéciale dont nous avons été « l'objet de la part de cette tendre mère.

« Combien je serais affligé, si cette chère Evé- « lina, qui a été éprouvée par bien des malheurs , a hésitait à suivre tes traces et restait là , ne sa- « chant si elle se jettera dans les bras de la reli- <i gion! Qu'elle se souvienne que la foi est accor- « dée à ceux qui la demandent. Elle dit : « Je ne « peux comprendre l'amour de Dieu. » Mais « pouvons-nous, pécheurs, qui hier encore étions n plongés dans les ténèbres, pouvons-nous espé-

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