LIVRE II. — CHAPITRE II
« rer aimer Dieu parfaitement, ce qui est le bon- K heur des anges qui le connaissent et le contem- « plent? Contentons-nous d'abord de le craindre. « L'Écriture dit : « La crainte de Dieu est le comte mencement de la sagesse. »
« Que son cœur ne se trouble pas, parce qu'elle « ne se sent pas attirée à la prière. Sans nous re- « buter contentons-nous de dire : 0 Seigneur, 6 « mon Dieu, vous voyez ma misère ! Je n'ai pas la « force de m'occuper de vous pour vous deman- « der votre amour et vos grâces ; au lieu de trou- « ver du bonheur à recourir au meilleur des pères, « je n'y trouve que de l'ennui. Ah ! Seigneur mon « Dieu, ayez pitié de votre pauvre servante, et don- « nez-lui de prier avec ferveur. Sachons , 6 mère « bien-aimée, ô chère sœur, qu'avec la prière on « vient à bout de tout. J'ai ici un de mes amis qui « a longtemps prié sans éprouver aucun soulage- « ment, mais qui persévérait toujours; un soir, « prosterné au pied de la croix, il fut exaucé, et « depuis il est entré à pleines voiles dans les « voies de la religion.
« Il ne faut pas se décourager parce qu'on ne « trouve pas de suite le bonheur dont parlent les « personnes qui nous engagent à rentrer en grâce « avec Dieu. Quelle est la récompense d'une sainte « vie? c'est, dans le ciel, un amour de Dieu éter- « nel et en quelque sorte inlini. Quelle récom- « pense Dieu accorde-t-il ici-bas à ceux qui cher-
« chent à remplir toutes ses volontés? N'est-ce « pas de leur faire ressentir, de temps en temps , « comme un avant-goût de ce bonheur éternel , « en leur inspirant des mouvements d'amour pour « lui ? De quel droit nous qui jusque-là n'avons « rien fait pour son service , prétendrions-nous à « ces joies saintes ? Ne faut-il pas auparavant que « nous soyons purifiés ? »
Ensuite Marceau engage la mère et la fille à prier en commun et cite ces paroles de Jésus- Christ : « Quand deux ou trois personnes sont « réunies en mon nom, je suis au milieu d'elles. » Il leur recommande de réciter, trois fois par jour, au son de la cloche, V Angélus, prière qui doit être d'une grande joie pour la Mère de Dieu, et de l'aire précéder ou suivre cette récitation de l'examen de conscience. « C'est une grande chose, ma « mère, de regarder à chaque instant au fond de a son cœur, pour s'assurer que le mauvais esprit « ne s'y est pas établi en maître. Sans doute vous « n'avez pas des occasions de péchés apparents , a vivant, comme vous le faites, retirées et loin de « la vie active. Mais , bonne mère, il y a la vie de « l'esprit , dans laquelle on pèche tout autant « qu'extérieurement, et cette vie est d'autant plus « active qu'on est plus retiré. C'est surtout de ces « péchés , qui se passent dans la tête et dans le ù cœur, que nous devons nous défier. »
La mère de Marceau , avec l'humble docilité