‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 43 sur 178 · LIVRE II. - CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. - CHAPITRE II

d'une enfant de Dieu, avait adressé quelques ques lions à ce cher fils. Prêtons l'oreille. Il n'est pas sans intérêt de savoir ce que pense un homme du monde, hier incrédule , esprit fort, et peu rang dans sa conduite, des spectacles, des romans, e en particulier des feuilletons.

« Tu me demandes, dans ta lettre, conseil pour o les feuilletons. J'ai bon espoir, tendre mère , « que ma réponse sera superflue , parce que tu « auras commencé la lecture des ouvrages que je (( t'ai indiqués. Nul doute, bonne mère, que la lec-

« ture des feuilletons du journal de ne soit

« d'abord une lecture au moins inutile, et tu sais a qu'il sera tenu compte du temps perdu et des « paroles inutiles. Mais d'ailleurs comment, bonne « mère, as-tu pu hésiter à les abandonner? Ne « sont-ce pas des romans, ne sont-ce pas des hisa toires inventées à plaisir par des hommes qui « n'ont aucune pensée de Dieu et qui, dans leurs « ouvrages, ne disent jamais rien qui porte à son « amour? N'aie pas le moindre doute, ces lec- « iures sont mauvaises; mais, je te le répète , dès « que tu auras commencé à lire les livres que je (( t'ai marqués , tu ne voudras plus perdre, à lire « les feuilletons du.... , le temps que tu pourras « employer à faire d'autres lectures ; lectures qui (i te seront très-utiles d'abord, puisqu'elles te fea ront entrer dans la connaissance et l'amour de a Dieu; lectures qui, en outre, te seront très-

« agréables, puisqu'elles ont rapport à l'objet de « ton amour. Dis- moi, aurais-tu jamais hésité <( dans le choix à faire entre lire le feuilleton et c lire mes lettres, en supposant que j'eusse pu t'é- « crire chaque jour? A plus forte raison dois-tu « abandonner le feuilleton pour des livres qui te « parlent de Dieu. Tu verras, bonne mère, quelle « différence tu trouveras en toi, après avoir lu un « feuilleton qui ne s'attache qu'à exalter les pas- « sions que réprouve la religion, et un chapitre « d'un livre pieux qui vous fait rentrer en vous- (t même , vous montre combien vous files faible « et combien Dieu est grand. Car, sois persuadée, « ma chère mère, que connaître Dieu , c'est se « connaître soi-même; et se connaître, c'est con- « naître Dieu. Dans cette fin, je t'engage à achète ter l' Imitation de Jésus-Christ, et le Combat spi- « rituel. Lis-les et relis-les sans cesse. Chaque « jour prends un chapitre ou deux, et lis, non « pas couramment et comme pour t'acquitter « d'une tâche, mais en les savourant.

« Pour moi , depuis deux mois au moins j'ai « renoncé à toute autre lecture qu'à celle des li- « vres de religion, non que je craigne l'effet des « autres (et pourtant je dois craindre ceux qui « sont suspects, et je les crains ; car Dieu a dit : (i Ne vous exposez pas au danger), mais parce que « je n'ai pas le temps, et que je ne voudrais pas « quitter mes chers livres.

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