LIVRE II. — CHAPITRE II
« Adieu, bonne mère, adieu. Je t'embrasse de « cœur et cette pauvre Évélina aussi, heureux, « je le répète toujours, de penser que rien ne « saura désormais nous séparer; car je compte « bien sur la grâce de Dieu pour nous attirer tous « vers lui, et nous faire persévérer dans la voie « du salut. Oui , je me sens tout heureux de pente ser que notre affection n'a plus de limites. (i C'est une sainte et douce chose que de s'aimer « en Dieu ; à Dieu donc. »
Dans une lettre écrite de Toulon , le 17 décembre 1841 , après une touchante invitation, il termine par ces tendres paroles : « Adieu, ma « chère sœur, adieu, mon enfant, adieu, ma « bonne mère. Oui, je l'espère, nous serons tous « heureux en Dieu. Je vous embrasse toutes les « deux, comme je vous aime, plus que je ne vous « ai jamais aimées. »
Dirons-nous toute la joie de Marceau, lorsque sa mère , transformant ses vertus morales en vertus chrétiennes, se mit à prier, à fréquenter les églises , à assister aux prédications , écarta les lectures superficielles pour donner à son âme une nourriture solide et salutaire, et recourut aux sacrements du Sauveur, sources viviGantPS d'où s'échappent à flots , comme du cœur même de Jésus- Christ, la consolation, la force et le salut. Sa sœur fut aussi entraînée dans ce môme mouvement de grâce. Enfin, un bonheur nouveau vint
compléter les jouissances du fervent officier. 11 avait un ami qu'il aimait en quelque sorte à l'égal de sa mère, avec lequel il entretenait des relations fréquentes et affectueuses depuis sa conversion; et cet ami, pauvre égaré qui avait été assez loin dans les voies douteuses , revint à Dieu. A cette nouvelle, la reconnaissance débordait du cœur de Marceau, a Ali! que Dieu est « bon! que Dieu est bon! disait-il en envoyant '< la lettre de cet ami à sa famille? Que cette « lettre est consolante! Que de calme, uujour- <( d'hui, dans cette pauvre victime des passions a humaines! Combien je remercie le Seigneur
« de la grâce qu'il a faite à ce cher Combien
« je le remercie de m'avoir rappelé moi-môme « en même temps que lui , afin que je puisse ré- « parer mes torts, qui ont été énormes, puisque « levant les yeux sur ses fautes , moi qui étais si « coupable devant Dieu, j'ai été autrefois jusqu'à « les lui reprocher, à un point de vue humain. « C'est le front profondément humilié, que je « me rappelle ma conduite. Aimons, bénissons, « remercions le Seigneur! » Nous avons lieu de penser que Marceau fut l'instrument de cette conversion.
Sa reconnaissance prit encore de nouveaux accroissements , lorsqu'il fut témoin des opérations de la grâce dans des âmes qui lui étaient si chères. '•■ 0 ma bonne mère, disait-il dans une circons-