‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 46 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

« tance que nous n'avons pas à mentionner ici, « la générosité est allée au-devant de mes désirs. « Je n'avais pas osé te proposer un tel sacrifice :je « ne te croyais pas encore assez forte pour pouvoir

« ainsi pardonner Je te demande pardon moi-

a même de t'avoir si mal jugée. Combien j'ai été « heureux de voir que Dieu avait agi en toi avec « une telle plénitude de grâce! Je l'ai remercié, « avec des larmes , de la faveur immense qu'il « t'a accordée. Tu fais encore plus que je ne <( voulais te demander ! Ah ! en songeant à ce qui « se passe aujourd'hui entre nous, en voyant ce « qu'il produit dans nos cœurs, je ne saurais o m'empêcher de reconnaître sa puissance et de « m'éerier : Je ne veux point d'autres preuves de « la divinité du christianisme que ce que je sens « aujourd'hui dans mon cœur!!! »

Et puis, dans le besoin qu'il éprouve de communiquer à tous le bonheur surnaturel de son âme, le nouveau converti commence déjà à souffler le feu du zèle dans le cœur de sa mère. Il l'exhorte à se servir de toute l'influence de l'amitié pour porter à Dieu une dame avec laquelle elle était fort liée, et qui vivait dans une coupable indifférence. « Mais, me diras-tu, je « ne suis pas assez bonne chrétienne et je ne « connais pas assez ma religion. Ma bonne mère, « Dieu te mettra à la bouche la parole qui doit « toucher le cœur de cette bonne et respectable

« dame. » Il la prémunit ensuite, sous une forme très-délicate, contre le respect humain, et il ajoute : « Je te verrai avec plaisir auprès de « celte dame, aujourd'hui que, hien ferme dans « l'amour de Dieu , tu ne te laisseras pas détour- « ner de tes devoirs pour quelques plaisante- « ries. »

Quelquefois la mère prenait le néophyte , qu'elle respectait déjà, pour son théologien , et lui demandait des conseils propres à la guider dans des occasions où elle ne voyait pas clairement ce que demandait la loi de Dieu. L'esprit droit et sincère de Marceau lui faisait ordinairement trouver la solution véritable; mais, autant avant sa conversion il était tranchant et incisif, autant alors ses réponses étaient humbles et modestes. « Je « suppose, ajoutait-il, que ce que je te dis est con- <( forme à l'enseignement de l'Église; consulte « qui de droit. »

Une fois sa mère lui écrivit qu'elle priait avec bonheur la divine Marie. La foi novice et timide de Marceau s'effraya de ce mot. 11 se hâta de lui répondre que la Vierge Marie est une créature humaine, sainte au-dessus de tous les saints, mais qu'il n'y a de personnes divines que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. Il ignorait que cette expression n'est pas tellement affectée au culte de latrie, qu'on ne puisse aussi l'employer pour témoigner à Marie la vénération profonde qu'on lui porte.

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