‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 47 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

Il recommandait instamment à sa mère l'assistance à la sainte messe , lors même que cela la gênerait beaucoup, et la visite au Saint-Sacrement. « Jésus-Christ, disait-il, est présent sur les auer tels; il attend nos prières, et nous , nous le déa laisserions ! » Et afin de donner un nouveau poids à sa recommandation, il lui racontait que , s'il était rentré dans le sein de l'Église aussi facilement, c'était pour avoir, dès les commencements, assisté fidèlement à la messe tous les matins, et le soir visité iSotre-Seigneur dans l'adorable Eucharistie.

Son amour filial et fraternel s'enflammant toujours de plus en plus à mesure qu'il se purifiait davantage, il demanda la permission à sa mère et à sa sœur de fondre les deux bagues qu'elles lui avaient offertes autrefois comme souvenir, et d'en faire une croix... «Cela ira, disait-il, à la « transformation démon amour pour vous, qui « est autrement grand aujourd'hui que je vous aime « en Dieu! »

N'oublions pas que Marceau était chrétien depuis quelques jours seulement quand il écrivait les pages citées dans ce chapitre. Il avait bien raison dédire que, lorsqu'on fait un pas pour aller à Dieu, Dieu en fait mille pour venir à nous!

Dans la ferveur de sa reconnaissance , et dans le but de sceller une réconciliation due à ses prières

et dont l'importance est signalée par la lettre qu'on lira bientôt, Marceau désirait beaucoup que toute la famille pût enfin se réunir, afin de rendre nu ciel des actions de grâces communes. Une touchante circonstance fit choisir la ville de Nantes pour cette entrevue, où toutes les douleurs furent changées en joies et où ces cœurs si aimants s'étonnèrent des jouissances ineffables qu'ajoute la foi aux épanchements de l'amitié. Ces jouissances, on ne peut s'en faire aucune idée dans les familles où l'on n'aime pas Dieu.

Marceau résumait ainsi les bienfaits de la Providence : a Que de grâces pour nous, depuis que « cet enfant est monté au ciel ! Un enfant nous « est né, dit Isaïe en nous prédisant la venue du « Sauveur. Après nous être réjouis avec le pro- <c phète de cette parole : Un enfant nous est ne, « ne devons-nous pas dire, avec un sentiment de « reconnaissance : Un enfant nous est mort...? et a depuis cette mort la vie s'est répandue en « nous. Cher enfant, tu as été la victime qui a « porté nos péchés, et depuis que tu as le bona heur de contempler Dieu face à face, à chaque « jour, à chaque instant, tuas imploré sa clé- « mence pour nous. N'est-ce pas toi qui nous as « réunis il y a peu de temps! Comme ce voyage « a été pour nous tous une source de joie ! Que «i de grâces! que de grâces! Oui, heureux ceux « qui pleurent : car c'est surtout lorsque nous

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