‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 56 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE III. loi · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III. loi

« où il me serait demandé. Vous comprenez, c'est « une affaire finie. Je suis toujours le môme, mou « ami. Le bon Dieu m'avertit cependant sans « cesse. » — Et il me demanda pardon de sa vi- « vacité. »

A chaque pas pour ainsi dire, une nouvelle circonstance venait rappeler à Marceau quelqu'une de ses anciennes erreurs antireligieuses ou antisociales. La mort d'un parent l'obligeant à commander des vêtements de deuil, il se souvint qu'il s'était autrefois récrié insolemment contre cet usage : «0 bonne mère, écrivait-il, comme tout se « tient, comme tout s'enchaîne dans la vérité, dans « la religion! Du moment où l'on méconnaît les « sentiments d'amour de Dieu, on perd en partie « tous les autres. On ne comprend plus la famille, « Aussi j'ai bien des reproches à me faire à l'égard « de vous tous. Mais comme je remercie Dieu « néanmoins de n'avoir pas permis que je me sois « égaré davantage sur ce point! »

Quand il repassait les anciens jours, son cœur se serrait encore à la pensée des demandes indiscrètes qu'il avait faites à sa mère, à un âge et dans une position où il pouvait largement se suffire « Je sais, bonne mère, lui disait-il, combien tu « étais heureuse de rendre service à ton pauvre fils ; « mais ta bonté ne justifie pas mes torts. Enfin « Dieu mepardonnera, j'espère, et il me donnera le a temps et la force de réparer toutes ces fautes. »

Un jour, c'était pendant la semaine qui suivit sa communion, Marceau offrait à Dieu un saeriiice d'autant plus méritoire que sa conscience ne l'y obligeait pas et que sa générosité seule lui en fit un devoir. Il en rend compte en ces termes iians un écrit tracé de sa main, et qui a été trouvé tu milieu de ses papiers : « J'ai éprouvé une grande « grâce du Seigneur et remporté par sa force une « victoire sur mon orgueil. Ayant reçu de Yaua grigneuse une lettre dans laquelle il me parlait « de l'effet produit par mes articles Vapeur, je « fus tenté, malgré ma résolution du jour de l'c- <c rage, de lui en adresser d'autres sur le même « sujet, ainsi qu'il m'en faisait la demande. Je a me disais que j'écrirais dans l'intérêt du serai vice et que c'était un devoir. Assez mécontent « de mes raisonnements, j'allai consulter mon di- « recteur, sans toutefois lui parler de mon autoa da-fé. Il me rassura et m'engagea même à pour- « suivre ce projet, pourvu que je m'abstinsse de « toute personnalité. Mais la grâce voulait quelque a chose de plus de moi : à mon examen de cons- « cience, je me reprochai d'avoir surpris la reli- « gion de ce respectable ecclésiastique, et je ré- « solus de lui soumettre tous mes écrits. Mais « Dieu me força encore dans ce dernier retran- « chement, et après m'être débattu un jour et « une nuit entre le sacrifice et l'amour-propre, « je me mis à pr',er de tout mou cœur Notre-Sei-

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