‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 63 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE III

« de grands amis du bon Dieu. Je lui demande « pardon de me trouver ainsi au milieu de ces « braves gens, et j'espère que, çràce à eux, il « doit bien consentir à écouter mes prières. » Partout où Marceau portait ses pas, il cbercbait à souffler le feu dont il brûlait, à pousser aux œuvres de miséricorde chrétienne, et dès qu'il avait pu trouver un ami, il l'initiait à la visite des indigents, et l'engageait à mettre , comme lui, sa foi sous la sauvegarde de la charité (1). « Je suis iciàX..., écrivait-il un jour, tout désou rienté et tout désolé. Je ne puis trouver de u compagnons d'armes. Je voudrais réunir quel- « ques hommes de cœur et d'action, en asaocia- « lion religieuse; on m'assure que c'est fort dif- « fîcile, sinon impossible, à cause du respect k humain et de l'esprit de dénigrement. Mais ces « causes ne sont pas telles que le bon Dieu, s'il « veut bien s'en mêler, n'en puisse venir à bout.

(1) L'Écriture sainte a dit : « Non te pigeât visitare infir- « muni; ex his enim in dileclione JirmuOeris : n'aie point « de honte de visiter L'infirme ; par là tu seras affermi dans la a dilection. » « Quand je sens niun cœur s'allanguir au service « de Dieu, disait un saint prêtre, je vais voir mes pauvres les « plus dégoûtants, je m'assieds sous leurs toiles d'araignées, « sur leurs chaises à trois pieds, au sein de toutes leurs mi- « sères; je savoure leur pauvreté et leurs souillures, je les « comble de caresses, je passe une partie de ma soirée avec « eux , et quand je reviens , mon aine est debout, et elle a re- « couvre son union à Dieu. »

« Aussi, je ne désespère pas, puisque je suis ici « pour plusieurs mois, d'avoir trouvé quelques « confrères avant mon départ. » Il y réussit.

Un des amis de Marceau lui proposa de se joindre à lui, pour demander pardon à Notre- Seigneur des outrages qui se commettent contre son adorable nom. On sait qu'une pieuse Archiconfrérie a été établie plus tard par Sa Sainteté Pie IX à cette fin , et aussi pour réparer la violation du jour du Seigneur. Marceau avait un amour trop tendre envers Jésus-Christ, pour ne pas accueillir avec joie et empressement cette proposition. Elle lui rappelait en même temps d'amers souvenirs, des fautes qu'il eût voulu effacer avec son sang. Non content de redire sans cesse : Sit nomen Domini benedictum (1) ! il engageait les personnes sur qui il pouvait avoir quelque influence à répéter souvent cette invocation ; il se fit apôtre zélé de la dévotion réparatrice, cherchant partout des associés, répandant parmi ses amis de petits imprimés qui indiquaient le but de cette pieuse croisade, et surtout entrant lui-même avec ferveur dans l'esprit de l'association. «Nous « avons bien à faire ici, écrivait-il, et lorsque je « passe dans les rues, au milieu de tous nos « soldats et de nos matelots, que de fois « j'ai à répéter : Sit nomen Domini benedic-

H) Que le nom du Seigneur soit béni!

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