‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 74 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

suivant la mesure de leurs forces et l'attrait de la grâce, tous les saints qui sont sur les autels; et si un ange descendu du ciel, disait l'un d'eux, vous parlait contre cette vertu, tournez-lui le dos : c'est un démon. Mais notre vertueux ami n'était pas de ces gens, qu'on nous permette une expression où se peint au vif notre pensée, de ces gens qui se donnent la discipline pour se dispenser de 'pratiquer la mortification. Ils s'imposent, de huit en huit jours, une petite douleur, et, tout le reste du temps, ils ne veulent rien souffrir, donnent carrière à leurs sens, à leur imagination, à leur langue, regimbent contre la plus petite humiliation, la plus petite contrariété, ne peuvent endurer un mal de tête sans que tout le monde le sache, sont âpres à ceux qui les entourent, tendres et délicats au point d'honneur, et puis, de la hauteur de leur pénitence prétendue ils jugent et condamnent tous ceux qui ne font pas comme eux, c'est-à-dire qui font beaucoup mieux qu'eux. A ces âmes illusionnées, lâches et peu humbles, qui ne savent pas même les premiers principes de la vie intérieure et qui se croient au sommet, nous pourrions dire avec saint François de Sales : Votre directeur devrait peut-être vous retrancher ces pratiques dont vous vous servez pour couvrir votre tiédeur; ou avec saint Louis de Gonzague : Hêec oportuit facere et illa non omittere (1). Qu'il (1) il faut faire ceci et ne pas omettre cela.

nous suffise de leur dire : Voulez -vous contempler la vraie vertu? Voyez cet ollicier de marine, depuis le matin jusqu'au soir veillant sur toutes ses pensées, sur toutes ses affections , se renonçant en tout, et immolant au Seigneur son esprit par l'attention à la présence de Dieu; son cœur par la pureté d'intention et l'attachement à la volonté divine; son corps, par la modestie, la patience , le travail , et aussi par la mortification extérieure. Voilà la vie d'abnégation qu'a béatifiée Jésus-Christ.

Dévotion a Marie. — On ne peut aimer Dieu sans aimer Marie, sa mère, la Reine de l'Église, la protectrice des pécheurs, le secours des chrétiens. Dès que Marceau fut rentré dans le chemin de la vertu et de la vérité, il se dévoua à son service avec ferveur.

Quelques mois s'étaient à peine écoulés depuis sa conversion, et déjà il s'employait avec un empressement pieux à recueillir des matériaux pour un ouvrage qu'un de ses amis avait entrepris en l'honneur de cette Vierge Immaculée.

11 faisait souvent des pèlerinages, afin de se ranimer dans le service de Dieu et de réclamer la protection de sa bonne Mère.

Il affectionnait spécialement Notre-Dame de Recouvrance à Rrest, petite chapelle où autrefois, quand Dieu était le maître, les capitaines de

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