‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 77 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

Écoutons un militaire d'un grade élevé : « Saint « Ignace disait à François-Xavier : Quid pro- « dest (i)? Lorsque Marceau m'arrachait de l'ace bîme, quand je lui demandais du temps, il m'a- « postrophait d'un : C'est juste, il n'a pas encore « assez souffert pour nous : Crucifige eum (2). Qui a pourrait peindre la piété qui respirait dans sa « voix et dans ses regards? »

A (port de mer) on le trouve saintement

occupé à détruire l'empire du respect humain, soit afin de donner à Dieu le témoignage que la foi exige, soit afin de favoriser les âmes trop faibles pour franchir ce rempart quand il se dresse devant elles , assez bonnes pour aller en avant quand elles le trouvent renversé. « Une société « d'hommes pratiquant à face découverte, écri- « vait-il, aurait une influence immense à..., at- « tendu que le respect humain règne en souverain « dans cette contrée. Depuis huit mois, N... et « moi, nous luttons contre le torrent; mais nous « avons la plus grande peine à nous adjoindre des « compagnons. Il y aurait de quoi désespérer, si « nous ne savions que Dieu aime à éprouver la « persévérance de ceux qui veulent le servir. Priez « beaucoup pour cette association de piété qui a prend si difficilement sur ce terrain. »

(1) Que sert-il à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son àme?

(2) Crucifiez-le.

Un jour il envoie à un religieux un officier qui lui est cher, va s'informer auprès du prêtre si son protégé est fidèle au rendez-vous de chaque matin, bénit le ciel des efforts que fait celui-ci pour se rapprocher de Dieu. Mais, hélas! au milieu de sa retraite, l'officier en voie de conversion, par un mouvement de ferveur mal réglée, veut aussi convertir quelqu'un qu'il n'aurait plus dû revoir, et il retombe lui-même dans les filets du diable, à la grande douleur du bon commandant.

Dans une certaine ville, Marceau fait en sorte de

stimuler le zèle de quelques ecclésiastiques, qui

paraissaient se contenter de la portion de bien

qu'ils avaient trouvé dans le champ confié à leur

ministère. « Il y a ici, disait-il à un de ses amis,

« assez de piété parmi les femmes, et elles s'oc-

« cupent de plusieurs bonnes œuvres; on paraît

« trop s'être fait à l'idée de ne voir qu'elles dans

« les églises et autour des confessionnaux, et on

« ne semble pas assez comprendre que les soins

« que l'on donnerait à former les hommes au ser-

« vice de Dieu auraient un double but, et multi-

« plieraient le bien, puisque ce sont les hommes

« qui entraînent le reste de la société dans les

a voies religieuses ou dans le mal. »

« J'eus occasion, nous écrivait, le 25 décembre « 1860, le révérend père Delfour, de la Compagnie « de Jésus, de connaître M. Marceau, pendant le « carême que je prêchais à Toulon, en 1813. II se

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