LIVRE II. — CHAPITRE IV
« larmes en comparant ma vie de prêtre à celle de « ce militaire! M. le secrétaire de l'évêché lit « aussi avec ses sœurs les admirables exemples « du saint homme, et ils pleurent tous. Je puis o confesser que j'ai retiré autant de fruit de cette « lecture que d'une retraite de huit jours. »
Ce bon prêtre ajoute avec autant de foi que de vérité des paroles auxquelles nous applaudissons d'autant plus que sans elles nous n'aurions peutêtre pas osé citer son témoignage. « Vraiment, « dit-il, je ne m'explique le bien que produit cet « ouvrage dans les âmes que par le crédit dont « M. Marceau jouit auprès de Dieu. Le Seigneur « récompense l'ardeur de son zèle en lui donnant « de prêcher encore après sa mort. Il est au nomce bre de mes protecteurs. Je l'invoque tous les « jours avec une grande confiance. »
Dans une lettre bienveillante qu'a daigné nous adresser Mgr Parisis, évêque d'Arras, il nous disait : « J'ai lu les deux volumes jusqu'à la dernière a ligne. Les exemples de Marceau m'ont charmé, « touché, édifié. Ce qui redoublait mon intérêt , u c'est que j'avais vu le commandant à l'occasion « de l'œuvre de l'Océanie et que dans la seule u visite d'une demi-heure qu'il me fit il m'avait « laissé une haute idée de son mérite. Mais je ne « le savais pas un saint de cette taille, et je ne sauo rais trop vous remercier de me l'avoir fait con- « naître. »
« C'est un modèle pour le clergé, » disait M. le vicaire général Rousselot, qui pendant un demisiècle a formé à la vertu et instruit dans la science les prêtres du diocèse de Grenoble.
On nous écrit encore de Châlons que plusieurs officiers ont été convertis par les exemples de Marceau. On peut donc dire de lui : Defunctus adhuc loquitur. « Il parle même après sa mort (1) ».
Dans les articles suivants nous citerons quelques traits de zèle plus particuliers.
Marceau enseigne a un jeune libertin a prier. — Le commandant était allé faire une retraite dans une maison de religieux, ces hommes qu'on abhorre sans les connaître, tant qu'on vit loin de Dieu, et qu'on aime sans les connaître le lendemain d'une conversion religieuse. Afin de faire ces exercices avec plus de fruit, notre ami s'était astreint à un silence absolu. L'heure du repas arrivée, il se trouve, dans la salle à manger, face à face avec un jeune homme dont la figure sombre le frappe. Sans s'arrêter à cette impression, il le salue, et s'occupe de choses saintes pendant sa réfection , suivant l'usage. Le troisième jour de la retraite : « Je recommande ce jeune homme à vo- « tre charité, dit à Marceau un des prêtres de la a maison; s'il vous adresse la parole, ayez la
(1) Voir la note A, à la fin de ce volume.