LIVRE II. — CHAPITRE IV. 15y
lancette ? Voyez saint Bernard devant le duc Guillaume ! Celui qui se nomme l'agneau de Dieu s'appelle aussi le lion de Judaï
Marceac guérit un ami de ses scrupdles. — En 1842, Marceau ayant rencontré un officier de ses amis, qui était, dit-il, très-malheureux, trèstourmenté par une horrible passion, sa charité s'anima à la vue de la perte d'une âme, et il résolut de gagner cet ami à Dieu. Sans doute alors il pria beaucoup pour lui ; car la grâce s'attacha à ses paroles. Les conversations de Marceau réveillèrent dans le cœur du pauvre égaré les souvenirs d'une éducation chrétienne et de sa foi première ; et trois mois après il écrivit à son libérateur qu'il avait brisé ses chaînes, et avait eu le bonheur de se réconcilier avec Dieu. La joie de Marceau fut grande à cette nouvelle ; elle redoubla quand , quelque temps après, il trouva à N... ce cher ami, à qui il était lui-même doublement cher. Pendant trois jours ils s'entretinrent à cœur ouvert des choses de Dieu, et dans des conversations toutes célestes ils se félicitaient "mutuellement des douceurs qu'ils avaient trouvées au service du Seigneur et dans la paix d'une bonne conscience. Mais, en même temps, le nouveau converti fit part à Marceau des ennuis que lui causaient les poursuites de celle qui voulait le faire retomber dans l'abîme d'où il avait été tiré, et surtout les scru-
pules qui le dévoraient. Le cœur de Marceau s'émut; ce qu'il fît pour consoler et raffermir son ami, et quels furent les effets de son zèle, une lettre nous le dira. Cet ami lui écrivait quelque temps après : « J'étais plus tourmenté sans doute que « je n'ai osé vous le dire, et cela depuis bien des « mois. Les lectures, les raisonnements, les avis « me calmaient un moment ; mais dès que je me « disposais à approcher des sacrements, ma vie « entière se dressait devant moi. A ceux qui ont « été scrupuleux de comprendre ce qu'on souffre a dans ces examens involontaires d'une vie si cou- « pable à la vue de mille détails oubliés ou mal (( expliqués; les autres ne le pourraient point. « Hier, je me suis adressé à saint Benoît, que vous « m'aviez engagé à prier, et le soir même j'ai « reçu l'ordre de celui qui tient la place de Jésus- « Christ de ne jamais plus confesser ce que j'au- « rais pu oublier dans ma vie passée. Pourquoi a cet ordre m'a-t-il paru si clair et si simple ? a Pourquoi cet ordre, au lieu de provoquer de « nouveaux scrupules, m'a-t-il semblé ne pouot voir venir que de Dieu? D'où me vient cette vo- « lonlé si ferme et si douce que je sens en moi de a l'exécuter ponctuellement? Voilà un abîme « fermé sur mes pieds. 0 mon Dieu ! que je dois « vous remercier ! c'est là le fruit de votre visite. « Que je suis reconnaissant de ce que vous avez a eu la bonté de m'apprendre à prier Marie ! Qu*