LIVRE II. — CHAPITRE IV
« de fois j'ai eu occasion de dire : Per sanctissimam « virginitatem tuam et immaculatam Conceptionem a tuam, 6 piissima Yirgo Maria, emunda cor meum a et carnem meam! ! (1). » (Il paraît que son vertueux ami lui avait recommandé d'adresser cette prière à la Vierge Immaculée dans les tentations. ) «Quenedois-je pas aussi au livre que vous n m'avez conseillé , et qui facilitera ma méditation « de chaque jour ! {Les Méditations d'Avancin. ) « Ai-je besoin de vous ajouter que bien des pen- « sées, bien des souvenirs qui me brûlaient aupa- « ravant, ont considérablement perdu de leur ac-
« tivité? »
Je ne sais si en lisant ces lignes on n'éprouvera pas le même attendrissement qui nous saisit en les écrivant, et si le lecteur ne dira pas avec nous : Que les rapports de deux amis chrétiens vivant au milieu du monde sont beaux et touchants ! C'est ainsi que les fidèles de la primitive Église marchaient s'appuyant les uns sur les autres!
Marceau et un officier. — S'il entrait dans le plan de cet ouvrage de dire en détail l'histoire que notre titre indique, nous pourrions sous quelques rapports l'intituler : Un autre Marceau avant, pendant et après. Nous voulions d'abord raconter
(1) Par votre très-sainte virginité et votre immaculée Conception, ô très-pieuse Vierge Marie, puriûcz mon cœur et ma chair !
162 VIE DE MARCEAL.
nous-même le bien que fît notre ami à ce militaire qui s'était abandonné complètement aux joies coupables et avait, à peu près perdu la foi : mais il sera plus utile d'entendre la parole vibrante et fortement accentuée de Marceau.
« Nantes, le 4 novembre 1842. Je suis tout hon- « teux, mon cher ami , de n'avoir pas encore ré- « pondu à votre lettre, depuis quatre jours que « je l'ai reçue; je me reproche ce retard, mais « je fais mieux que vous écrire, je continue à « prier.
a Vous vous étonnez de vous sentir encore ému « à la moindre pensée! Vraiment, mais voilà plus « d'un an que je travaille à me corriger, que « chaque jour je reçois des grâces infinies de Dieu, « à qui chaque jour j'en demande la continuation; « et je me trouve encore en face de mon orgueil « tout aussi faible qu'auparavant. Pour peu que le « Seigneur détourne de moi son regard, j'ai une « peur affreuse de retomber dans l'abîme d'où « m'a retiré sa miséricorde : c'est que, mon cher « ami , l'on ne se fait pas chrétien en un jour. « Ne vous désespérez pas , si vous n'avez pas dans « ce moment la possibilité d'aller passer quelques « jours à N... Soyez persuadé que si vous de- « mandez sincèrement à Dieu de vous fournir les « moyens de revenir à lui, il disposera tout pour <i cette fin. »
Puis, faisant allusion à la circonstance qui les