‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 90 sur 178 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

« cette parole de Jésus-Christ : En vérité, il y aura « plus de joie au ciel pour le retour d'une seule « brebis égarée que pour la persévérance de qua- « tre-vingt-dix-neuf justes! » L'officier qui s'était rapproché de Dieu craignait de ne pas persévérer ; il parlait de l'avenir... a 0 mon pauvre ami, disait « Marceau, ne faites pas cette injure au Père des « miséricordes. Il vous a retiré de l'abîme où vous « vous étiez précipité volontairement, et vous dou- « teriez de ce qu'il fera pour un enfant soumis « et implorant à chaque instant son secours ! Du « reste, ajoutait-il, cette crainte, nous l'éprou- « vons tous; c'est un des derniers pièges que « nous tend le démon. » Et il fortifie son camarade contre cette tentation , en le portant en même temps et à une humilité profonde à la vue de ses crimes (sic!), et à une confiance sans bornes en Dieu à la vue de la miséricorde divine. « Ah! vous pouvez être tranquille, si vous vous « confiez entièrement en lui , il ne vous refusera u aucun des secours dont vous aurez besoin. Et il « vous en faudra beaucoup, attendu que l'enfer ne « lâche pas ainsi une proie et qu'il a contre vous « de grands moyens d'action , puisque vous êtes -t encore pour longtemps fixé dans un pays qu'il a vous eût été bon de quitter. Toutefois ce n'esf « pas par votre choix que vous restez ; alors as- « sûrement Dieu vous donnera en raison de vos « besoins. »

C'est par ces conseils tout pleins d'une mâle et sincère affection que Marceau soutenait le courage de son ami. Mais dans ses conquêtes apostoliques, il ne ressemblait pas à ce grand capitaine à qui l'on disait : Général, vous savez vaincre, vous ne savez pas profiter de la victoire. Ici nous allons le retrouver tout entier, tel que nous l'avons vu jusque-là, tel que nous le verrons jusqu'à la fin de sa vie : ne se contentant pas d'arracher les âmes au péché mortel , mais aspirant à faire régner sur elles Jésus-Christ d'une manière parfaite, et visant toujours, pour lui et pour les autres, aux vraies vertus, aux vertus solides. Grand exemple pour ceux qui sont voués au ministère du zèle!

Voici ce qu'il écrivait de Toulon, le 5 janvier 4843, dans cette même lettre dont nous avons extrait plusieurs passages. Après avoir exhorté son ami à demander un congé pour faire une retraite de huit jours chez les RR. PP. jésuites : «Je vous donne ce conseil, dit-il, non-seu- « lement parce qu'il est bon de passer ainsi un « certain temps en face de soi-même, en la pré- « sence de Dieu, mais c'est, mon cher ami, parce « que ces bons Pères, vous faisant suivre les ad- « mirables exercices de S. Ignace, vous démon- « trent la religion comme une vérité mathémati- « que, que dis-je? d'une manière bien plus certaine « que toutes les propositions mathématiques; dès « lors , la volonté s'appuyant sur les convictions

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