LIVRE II. — CHAPITRE IV
soumissions à V Encyclique de 1864, et étant par la fermeté de sa foiet l'ardeur de son zèle le porteétendard de la Papauté dans la contrée qu'il habitait. A cette époque, il nous l'a confié, sans cesse et le jour et la nuit, il avait devant lui Marceau.
Autre conversion. — Quelquefois la grâce fond sur l'âme, ainsi qu'on vient de le voir, comme un torrent impétueux, pour l'enlever de vive force à elle-même et aux passions : d'autres fois, elle s'insinue comme une rosée salutaire, pénètre peu à peu, et opère le changement du cœur par une action moins sensible, mais très-efficace.
« Je dois à Marceau les bons avis qui m'ont ra- « mené à la religion, nous racontait, le 20 avril «1862, M. de..., capitaine de vaisseau, aussi mo- « deste que distingué, et voici comment : J'avais « entendu vaguement parler de la société deSaint- « Vincent de Paul, et l'on m'avait dit que Marceau « en était membre. Comme il jouissait d'une certaine réputation dans la marine, cela me donna « le désir de faire sa connaissance et de m'éclairer « sur le but de la société dans laquelle je voulais « être admis. Je croyais que c'était une œuvre de a bienfaisance à laquelle tout homme pouvait s'as- (t socier, moyennant quelque argent. Je me rendis « trois fois à l'hôtel du Bon-Lafontaine, où Marceau « logeait, sans pouvoir le rencontrer. La troisième
a fois, je laissai ma carte. Il vint me voir. Il entra « chez moi vers huit heures du matin, il n'en sor- « tit que vers onze heures. Il avait senti de suite « qu'il y avait là une âme à sauver. Il me donna « mille encouragements, jeta dans mon esprit des « germes de loi, ou plutôt réveilla ma foi, qui n'était « pas tout à fait morte et qui s'annonçait par le « désir de soulager les pauvres. Il m'apprit, à « mon grand désappointement, que je ne pouvais <x pas avoir l'honneur défaire partie des conférences « de Saint-Vincent de Paul si je vivais en dehors « de la religion catholique, si je ne pratiquais pas, « et me laissa une médaille de la sain le Vierge « qu'il m'engagea à porter. Sa conversation pro- « duisit sur moi un grand effet. Je pris la réso- « lution d'assister à la messe, même les jours sur « semaine, et sachant l'heure à laquelle Marceau « allait à Notre-Dame des Victoires, je m'y rendais (i quelquefois. Je le voyais là, agenouillé sur la « pierre, près de l'autel de Marie, priant avec une o ferveur de saint, et ce spectacle me touchait pro- « fondement : mais j'étais encore trop ignorant « des vérités de la religion, et l'abbé Desgenettes, <i que, sur l'invitation de Marceau, j'allai consulter, « m'engagea à acheter le Triomphe de l'Évangile « et quelques autres livres. Ceci se passait en 1844, « et je ne suis revenu à la pratique qu'en 1848. « Néanmoins, j'ai toujours considéré Marceau « comme l'instrument principal de ma conversion :