‹ Auguste Ravier, peintre, MDCCXIV-MDCCXCVChapitre 8 sur 32 · LETTRE ÉCRITE A FRANÇAIS LE 5 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE ÉCRITE A FRANÇAIS LE 5 NOVEMBRE

« Mon cher Français,

« Je viens de recevoir la visite de mon ami X. que l’amitié a poussé à se constituer mon barnum, jusqu’au point peut-être d’être indiscret dans la poursuite qu’il s’est mis en tête de faire pour moi de l’obtention du ruban rouge.

« Je lui ai dit que je n’aurais pas l’orgueil d’un Courbet en le refusant, mais que ce n’était pas à moi de savoir si oui ou non je le méritais et que, personnellement, je ne demanderais rien. Mais là 11’est pas l’objet de ma lettre. Il est tout entier pour vous remercier en son nom et au mien des démar-

ches que, d’après M. X., vous auriez voulu faire dans ce but, en mettant votre influence au service de cette cause bien minime sans doute; démarches que j’apprécie au nom de notre vieille amitié et de nos relations si cordiales et dont je vous'sais gré quel qu’en soit le résultat. Cette lettre en même temps servira à remplir le but de M. X.

qui, en partant, m’a dit :

Ne manquez pas d’écrire à Français qui s’estdonné beaucoup de peine pour vous. ,

« LesbécaSsessesont bien vengées en me clouant pour le reste de mes jours dans un fauteuil dont je ne puis sprtir.

Je suis heureux de savoir que vous n’en êtes pas là ; mais aussi, quede crimes vous avez en moins sur la conscience. Je ne puisplus, hélas! fairedes paysages, excepté quand je dors et en rêve.

« Que Dieu vous conserve la belle vie de paysagiste jusqu’aux confins de la tombe. Pour moi, je suis mort avant l’àge.

« Votre ami, Ravier »

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